La chronique de Bojana Momirovic : Speedy Graphito, la vie d’artiste

 

La vidéo s’ouvre sur un son de vagues. Nous sommes à la plage au Brésil. Speedy Graphito dessine dans le sable. Mais une vague, plus puissante que les autres, efface son œuvre et l’emporte à jamais avec elle dans l’océan. Une musique rigolote retentit aussitôt sur un fond de toile animée aux couleurs vives. Dans les séquences qui suivent nous découvrons Speedy Graphito, son œuvre incroyable et son talent. Ses toiles et graffitis colorés présentent souvent avec humour et ironie notre société contemporaine. Ainsi se côtoient dans la même toile Super Mario, My Little Kitty et le logo du Loto ou bien Bugs Bunny, Bart Simpson et Google. Mais le film n’est pas juste un portrait d’artiste. « Ce film propose une réflexion sur le statut de la création artistique dans le monde globalisé d’aujourd’hui, coréalisé par un artiste de premier plan : Speedy et un documentariste passionné : Michel Royer », précisent Michèle Fourniols et Carole Mirabello, les productrices du documentaire. En effet, Speedy parcourt le globe presque à la vitesse de la lumière. Un jour, il est à Los Angeles, un autre à Rio pour une performance, ensuite à Miami, sans oublier le retour obligé à Paris pour l’ouverture d’une exposition. « Speedy est un artiste complet, dit Michèle. Il produit énormément. Il fait des toiles, de la 3D. Il est comme un DJ, appelé à faire des animations aux quatre coins du monde. » Speedy confirme dans une interview qu’être artiste confirmé ne veut pas dire que tout est acquis. Il faut s’adapter aux temps qui changent, se réinventer, être présent partout, se remettre en question, et avoir une énergie inépuisable. Tiens, tiens, ça nous rappelle quelque chose… Tout comme l’artiste, les producteurs doivent pour chaque film se poser la question du lancement du projet et réinventer son financement.

Un Monde Meilleur, la société de production animée par Carole et Michèle, connaît bien son domaine et surtout les projets originaux. « Chaque projet est différent et il faut chercher des financements adaptés, disent-elles. Il faut penser aux meilleurs médias, à la meilleure diffusion, à des sources de financement originales. Nous avons rencontré touscoprod dans un salon de professionnels et voulions essayer cette nouvelle possibilité. » Après quelques recherches et comparaisons, le choix s’est vite porté sur touscoprod. « L’avantage de touscoprod est qu’ils mettent tous les outils de communication à votre disposition. Tout est lié avec leur site, Facebook, Twitter. Nous avons beaucoup communiqué sur Facebook, explique Michèle. Et touscoprod a une équipe très professionnelle, toujours à l’écoute, très réactive et qui intervient immédiatement pour vous aider pour le moindre problème. Ils nous ont vraiment soutenus. » Mais le projet ne pourra bien évidemment pas exister sans un réseau important dont bénéficient la production et les réalisateurs. Le budget total du film est estimé à deux cent mille euros. Les dix-sept mille que l’équipe a eus sur le site de touscoprod ont servi de levier.

Presque un an après le lancement du projet, il reste encore quelques séquences à tourner. La création d’une œuvre d’art sera le fil conducteur du film. A travers elle, nous suivrons toutes les étapes nécessaires à celle-ci et nous irons à la rencontre des personnages qui entourent l’artiste : le galeriste et les collectionneurs, le fondeur, les mécènes. Nous verrons que pour Speedy, l’art est un partage avec tous les publics. Son engagement se traduit au quotidien : malgré des ventes aux enchères, il continue à peindre avec de jeunes artistes dans les rues gratuitement. Et puis grâce à ses producteurs et la réinvention du financement, son histoire et ses toiles verront bientôt le jour dans ce documentaire et les salles obscures.

Bojana Momirovic

 

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