Les Anges Anonymes

Ce projet documentaire, devenu un exemple à suivre chez touscoprod, a su mobiliser une importante communauté qui l’a soutenu et lui a permis de réussir une belle campagne. Les 17 230€ levés permettront à ce film que le réalisateur décrit comme « beau et utile » d’exister, dans un peu plus d’un an…

17 230 euros collectés, 194 coprods, 115% de son objectif de départ.

Les Anges Anonymes, c’est l’histoire de Françoise, infirmière libérale, le quotidien d’hommes et de femmes souvent âgés, souvent isolés. D’eux, elle sait presque tout ; pour eux, elle est parfois absolument tout. Sans misérabilisme, avec un enthousiasme et un humour communicatifs, cette professionnelle hors norme nous invite chez celles et ceux que nous ne voyons plus, que nous n’entendons plus… nous offrant mois après mois, saison après saison, l’occasion de rencontres en apparence simples mais d’une inestimable richesse.

Comment a débuté l’aventure des Anges Anonymes ?

Par une rencontre, lorsque je préparais mon court-métrage « Champagne ». Je cherchais un décor à Lyon, un appartement dans son jus, qui aurait été habité depuis des années par une personne âgée, et quelqu’un m’a présenté Françoise en me disant : « elle est infirmière libérale, des appartements vieillots elle doit en visiter un paquet ! » Me voilà donc parti en novembre 2011 en tournée avec Françoise. J’ai immédiatement eu un coup de foudre pour cette femme hors du commun et pour les gens qu’elle m’a fait rencontrer, le monde dans lequel elle m’a permis de m’immiscer. Je suis retourné voir mon producteur, Hervé Houssou (Mitiki) et je lui ai dit : je sais ce que tu vas produire après « Champagne »! Il a tout de suite été séduit par l’idée.

Lancer un projet de documentaire n’est pas toujours facile, quelles ont été les difficultés que vous avez rencontré au début ?

La principale difficulté pour nous réside dans le financement. On a répondu en partie à cette difficulté avec touscoprod, mais le cercle vertueux c’est que cela nous a obligé à solliciter de nombreux partenaires potentiels – dans le giron du métier d’infirmier libéral – et que trois d’entres eux sont devenus partenaires financiers, dont un qui nous avait déjà suivi sur « Champagne ». Pour le reste, c’est de l’organisation car le tournage dure un an, hors de Paris où je réside, à raison de deux ou trois jours par mois avec mon chef opérateur image et son. Mais ce n’est pas si compliqué à gérer. Le nerf de la « guerre » reste l’argent. Depuis septembre 2012 et le tournage du pilote nous nous sommes tous mis en participation et même avec une partie du budget trouvé, nous resterons partiellement en participation. Ceci dit, ce film est une aventure qui humainement vaut toutes les rémunérations du monde.

Comment avez-vous découvert touscoprod ?

Je connaissais par des amis qui avaient tenté l’expérience et j’avais eu l’occasion d’en rencontrer l’une des représentantes aux journées des jeunes producteurs indépendants (JJPI), journées créées par la productrice Laurence Lascary (De l’autre côté du périph’).

Qu’est-ce qui vous a décidé à présenter votre projet ?

Le fait que ce film ait une fonction « sociétale » vertueuse (je ne sais pas comment dire ça autrement, ça peut paraitre très prétentieux), c’est-à-dire qu’il ait vocation à être utile, à servir une cause, celle de la sauvegarde d’une profession menacée, celle du respect de la volonté des personnes âgées/dépendantes – voire isolées – à rester chez elle, le fait aussi qu’on porte un regard aimant sur ces personnes que l’on préfère souvent ne pas trop regarder… Si mon projet avait été un film sans cette dimension « bonne action », je n’aurais pas mis à contribution mes proches, amis et le grand public. Mais c’est un point de vue personnel, je ne juge pas ceux qui le font… et heureusement pour touscoprod que tout le monde ne raisonne pas comme moi !

Vous avez participé à l’une de nos master class touscoprod, qu’est-ce que cette formation vous a apporté ?

Une compréhension globale des bonnes pratiques, c’était clair et utile.

Qu’est-ce que cette campagne a changé à votre documentaire ?

Il lui permet d’exister, de prendre son envol. C’est insuffisant mais c’est déterminant pour la suite. Ce n’est pas exactement le début de notre aventure dans ce film, mais c’en est le premier vrai tournant. J’espère pas le dernier !

Comment a réagi votre communauté ? Une anecdote ?

Nous avons eu la chance de bénéficier d’un écho extrêmement positif autour du projet. Nous recevons quasi quotidiennement des messages d’encouragement via Facebook ou autres. Une anecdote ? Un infirmier libéral que l’on ne connaissait absolument pas a investi pour 2 500 euros dans touscoprod après nous avoir demandé l’autorisation de proposer pour 100 euros aux infirmières qui le souhaitaient un pack petites annonces emploi sur son site perso + l’équivalent en contreparties touscoprod. Il a habillé la page Facebook de son site avec le bandeau du film. La contribution est tombée miraculeusement un vendredi soir. Je me souviens avoir passé un bon week-end…

Où en est votre projet maintenant, quelles sont les prochaines étapes ?

Nous continuons à tourner et ce jusqu’au 31 décembre 2013… 23h59. Nous sommes encore en recherche active de partenaires financiers et travaillerons bientôt sur les stratégies d’exploitation du film – rencontres avec des distributeurs cinéma, etc.

Pouvez-vous nous parler d’un autre projet sur touscoprod que vous aimez, qui vous interpelle ou que vous soutenez ?

J’ai été marqué par le succès de la campagne du film sur les sages-femmes à domicile (Entre leur mains, ndlr). D’une manière générale je suis sensible aux démarches un peu militantes bien que très peu militant moi-même. Mais j’avoue – honteusement – ne pas avoir eu beaucoup le temps de regarder les autres projets pendant ma campagne ; on a la tête dans le guidon, il ne faut jamais rien lâcher. Je prendrai le temps de regarder les autres projets et je tacherai de participer. Rien ne fait plus plaisir qu’une participation venant d’un(e) parfait(e) inconnu(e)… dans notre cas, ça a représenté 40% des contributions environ. C’est ce qu’il y a de plus encourageant…

Comments Closed

Les commentaires sont fermés.