L’oiseau pleureur

Début mars, touscoprod et le Festival d’Annecy, en partenariat avec TITRATVS, lançaient un appel à projet à destination des producteurs et/ou réalisateurs de courts métrages d’animation. Les participants avaient 1 mois pour réunir 3000€ et le plus de coprods possibles. Avec ses 205 coprods, c’est Claire et son projet L’Oiseau pleureur qui ont remporté le concours.

Assam et Seba, nos deux protagonistes sont deux hommes ordinaires, deux frères solitaires. Ils vivent sous le même toit depuis des années. Chaque jour ils partent en mer, sur leur embarcation de fortune pour subsister à leur besoin. Ce rituel construit leur quotidien. Mais dans cette apparente plénitude le cadet commence à douter de la bienveillance de son frère. Peu à peu la suspicion grandit, l’atmosphère s’alourdit…

Comment a débuté votre projet L’Oiseau pleureur ?

J’ai découvert ce conte tibétain  l’an dernier, l’histoire m’a beaucoup plu. J’ai eu envie de créer un univers graphique, coloré et animé autour de l’aventure de ces deux personnages.  J’ai commencé tout d’abord à illustrer ce texte puis l’envie m’est venu d’en faire  un film animé en marionnettes de papiers découpés.

Avez-vous rencontré des difficultés particulières au début ?

Pas vraiment, car j’étais dans une phase de recherches, et je n’avais aucune contrainte de temps. Je travaillais  dès que j’avais un peu de temps libre pour mon propre plaisir. En effet par la suite si le projet n’avait pas atteint son objectif sur touscoprod, j’aurais sans doute eu des difficultés quant au matériel nécessaire pour commencer l’animation.

Comment avez-vous découvert touscoprod et l’appel à projet du festival d’Annecy ?

Je me suis investie depuis peu dans une association à Toulouse qui s’appelle  « Cumulo Nimbus ».  Nous intervenons auprès des enfants et animons des ateliers de cinéma d’animation. Les membres de l’association reçoivent régulièrement des mails d’appel à projet ou de festivals autour du cinéma d’animation. Ce sont eux qui m’ont tenue au courant, et je les en remercie!

Qu’est-ce qui vous a décidé à présenter votre projet ?

Le projet était déjà né depuis quelques temps et avançait doucement au gré de mon temps libre avec les moyens du bord. Ensuite je me suis dit que je n’avais rien à perdre à le proposer! Mes projets antérieurs (illustrations, animations, vidéos) on été réalisés dans un cadre scolaire, et bien souvent une contrainte de temps limite plus ou moins la qualité du rendu final.  Le fait de présenter ce projet et la perspective de le faire connaître m’a motivée à travailler de manière plus approfondie, et les retours ont été un soutien moral précieux. Comme j’ai entrepris ce projet seule,  l’idée de le partager, le faire connaître, en parler autour de soi, permet de nourrir le projet de regards extérieurs, de conseils, de critiques. Cela me semble important dans le processus de création.

Comment s’est déroulée la campagne, qu’a-t-elle changé à votre film ?

Cette campagne fut assez surprenante! J’ai été très émue  par le soutien de beaucoup de personnes.  Leur énergie et leur dévouement afin de faire connaître le projet au plus grand nombre fut très encourageant. Le nombre de coproducteurs a largement surpassé ce que j’aurais pu imaginer. J’en suis ravie et maintenant que 205 personnes ont embarqué pour l’aventure, je suis bien determinée à consacrer du temps et façonner avec passion l’avenir de nos deux protagonistes.

Comment a réagi votre communauté ? Une anecdote ?

Les premiers coproducteurs ont été essentiellement des proches, mais assez vite cette communauté s’est élargie bien au delà de mes connaissances. Après tout ce suspens, jusqu’à la dernière minute, l’annonce du succès de la coproduction, a suscité une vague de joie et de félicitations enthousiastes. Le nombre de coproducteurs ayant choisis la  contrepartie d’invitation à l’avant première dépasse largement la capacité de mon salon! recherche salle désespérément héhé

Où en est votre film aujourd’hui et quels sont vos futurs projets ?

Aujourd’hui, « l’oiseau pleureur » est en cours de fabrication (décors personnages). Le story board est quasiment bouclé, et j’ai pu commencé quelques tests d’animations. Je souhaite par la suite  construire un banc titre, et acheter un appareil photo.  Pour ce qui est de mes futurs projets, j’aimerais continuer les ateliers avec les enfants,  car cet échange m’apprend beaucoup et me passionne réellement, et à côté de ça je voudrais poursuivre un travail d’illustration et d’édition entrepris avec mes soeurs.

 

Draglougloula

Draglougloula est un joli projet d’animation de Valentin Godefroy, fraîchement sorti de l’Institut des Métiers du Cinéma de Normandie. Porté par son amour pour l’univers fantastique de Tim Burton, il a mené campagne sur touscoprod pour financer le matériel son et la fabrication de la bande originale.

800€ en 1 mois, 16 coprods, 100% de son objectif de départ

Sanguy et Sangout, deux vampires toujours assoiffés, décident de cambrioler la banque du sang de Cerceuilly, après un important don du sang de célébrités.

Mais boire du sang de stars, réserve quelques mauvaises surprises… en effet, nos deux compères vont se transformer en personnages de fictions, incarnés par les comédiens eux-même…

Comment a débuté votre projet Draglougloula ?

J’ ai imaginé ce film, pendant mes études de cinéma en 2008.

Il est né de mon amour pour l’ expressionisme allemand, et les travaux de mon Cinéaste maître : Tim Burton.

Avez-vous rencontré des difficultés particulières au début ?

Oui,  quelques unes, difficile de me mettre d’ accord avec moi-même sur le style graphique du film.

Comment avez-vous découvert touscoprod ?

Grâce à ma belle mère, qui a entendu une interview sur Télématin.

Qu’est-ce qui vous a décidé à présenter votre projet ?

J’ai eu envie de faire participer tout mes amis qui me soutiennent depuis quelques années, d’évoluer dans le métier,  grâce à un financement,  et de pouvoir paraître plus crédible, et plus professionnel aux festivals.

Comment s’est déroulée la campagne, qu’a-t-elle changée à votre film ?

La campagne s’est très bien passée, elle m’a donné plus confiance en moi, en mon travail, et ma donné envie de recommencer l’expérience, j’ ai pleins de projets en tête.

Comment a réagi votre communauté ? Une anecdote ?

Ils sont très contents que j’ai atteint mon budget, et que ma carrière devienne de plus en plus sérieuse.

Anecdote : Une de mes amies, qui suit mon travail depuis mon plus jeune âge, a trouvé  incroyable mon évolution depuis mes films en pâtes à modeler tournés dans le petit grenier familial.

Où en est votre film aujourd’hui et quels sont vos futurs projets ?

Mon film est quasiment fini, il me reste encore quelques plans à faire, ensuite il partira

En Indonésie, pour la composition de la musique originale par mon frère.

En ce qui concerne mes futurs projets, un film d’animation sur l’environnement est en préparation, ensuite suivra un autre projet, sur la fabrication des rêves… Je n’ en dirai pas plus pour le moment pour ménager le suspens…

 

Le voyage de Léo

Dans le cadre de notre partenariat avec la Transmedia Immersive University, qui parraine 5 projets sur touscoprod, Le Voyage de Léo s’est démarqué tout de suite en récoltant plus de 1 600€ en à peine une semaine. C’est une success story « en cours de route » pour ces jeunes étudiants dont le projet pour enfant continue à séduire de nombreux coprods.

2 195€ en 20 jours, 59 coprods, déjà 146% de l’objectif de départ

« Le Voyage de Léo » raconte les formidables aventures du jeune Léo – 13 ans – qui va découvrir ce Monde Fantastique. Et c’est là-bas qu’il va rencontrer ses amis Liza et Draz pour, ensemble, sauver leurs mondes. Pour y parvenir, il n’y aura qu’une seule solution : les incroyables inventions de Léo !

C’est grâce à cette fantastique aventure que le petit Léo – de retour sur Terre – deviendra le célèbre… Léonard de Vinci.

 

Comment a débuté votre projet Le Voyage de Léo ? Avez-vous rencontré des difficultés particulières au début ?

Tout d’abord, merci pour cette interview. Le début de l’aventure du Voyage de Léo remonte à presque deux ans. A l’époque, tout n’était pas clair mais je voyais à peu près où aller avec mes personnages et mon univers. Puis est arrivée mon équipe. L’émulsion qu’a créée leur enthousiasme et leur implication a totalement redessiné et précisé toutes les façades de la série. L’univers s’est enrichi, les personnages se sont complexifiés et l’intégralité du projet s’est solidifiée. Ça a été la première étape. Ensuite, il a fallu concrétiser tout ça et entrer en production. Et ce n’était pas une mince affaire ! Il fallait rester fidèle à la direction artistique que j’avais imposée et la richesse qui en découlait. Mais une fois sur les rails, la production a suivi son cours et nous vous promettons de belles images.

Comment avez-vous découvert touscoprod ?

Grâce au TIU ! Le Voyage de Léo a vu le jour dans les locaux de Bellecour 3D & Entertainment, à Lyon. Et alors que je travaillais sur le concept de Léo, deux autres projets de séries TV Transmédia de chez nous étaient déjà bien avancés. Ils organisaient une campagne de crowdfunding via Touscoprod, grâce au partenariat avec la Transmédia Immersive University.

Qu’est-ce qui vous a décidé à présenter votre projet ?

Le succès des campagnes des deux projets précédents. Mais c’est aussi l’ambition que nous avions placée en Léo. Je tenais absolument à garder un certain niveau d’exigence (compte-tenu du thème de notre série TV), or ça impliquait d’engager des talents supplémentaires pour compléter notre équipe de développement (de cinq personnes). Il fallait intervenir sur la musique, le son, sur la partie Transmédia et  nous avions aussi besoin de comédiens faits pour nos personnages (et pas l’inverse). Et conserver un tel niveau d’exigence nous obligeait à avoir un budget (qui était inexistant avec notre statut d’étudiants).

Vous avez participé à l’une de nos master class touscoprod, qu’est-ce que cette formation vous a apporté ?

Une visibilité concrète sur la notion de crowdfunding et la façon de mener une campagne. Des notions très fraîches pour moi, comme pour mon équipe. Je connaissais le concept même et j’avais des idées sur le fonctionnement de tout le processus, mais la Masterclass m’a permis de remettre les choses dans l’ordre, d’établir un plan des priorités et de comprendre le panel d’outils mis à notre disposition afin de les utiliser au mieux. Ce qui, je crois, aura finalement été le cas.

Vous avez atteint votre jauge en à peine quelques jours, quel est votre secret ?

Ça peut paraître facile et pourtant… Le secret, c’est d’y croire. Pas seulement croire dans la campagne, il s’agit plutôt d’un effet secondaire. Non, croire dur comme fer en son projet. Celui que l’on porte devant les feux de la rampe. Et c’est très largement le cas pour Le Voyage de Léo. Pour moi comme pour mon équipe, ce projet c’est une évidence. Vous le verrez sur vos écrans dans quelques années ! On s’est attaché à nos personnages, notre univers et notre histoire et tout, dans notre travail, doit l’exprimer. Donc, tout naturellement, au moment de diffuser les premières images de la série, les gens ont accroché. Nous avons créé l’événement sur Facebook (Twitter et Blogger) et fait un buzz modeste, mais suffisant pour animer la communauté et la fidéliser. Communauté qui a, elle aussi, parlé de la série autour d’elle. Et puis, nos contreparties touscoprod sont alléchantes !

Comment vous envisagez la suite de votre campagne ?

Sur la même lancée, mais en plus calme. On s’est vite aperçu que cet argent ne sera pas de trop. On pourra d’autant plus valoriser nos partenaires et offrir des contreparties de meilleures factures à tous nos coprods. Et puis, on réservera aussi quelques surprises.

Comment a réagi votre communauté ? Une anecdote ?

Formidablement ! Notre communauté, pour le moment, c’est principalement celle de Facebook et celle qui nous a aidé sur touscoprod.com. Elles sont distinctes mais complémentaires et les deux nous suivent encore. Par exemple, sur la page Facebook de Léo, nous avions lancé un mini-jeu dans le cadre de Pâques. Il fallait repérer l’intrus parmi les œufs de Pâques présents sur une image exclusive de la série. L’intrus en question était un objet de la série que nous avions prévu de présenter si la communauté se prêtait au jeu. Et elle l’a fait ! On a même eu droit au message d’une « likeuse » qui nous disait qu’elle aussi avait trouvé l’œuf noir (une fois le jeu terminé). Du coup, nous préparons en ce moment une série de jeux dans la lignée de cette énigme et on espère autant sinon plus de participations !

Pouvez-vous nous parler d’un autre projet sur touscoprod que vous aimez, qui vous interpelle ou que vous soutenez ?

J’ai découvert très récemment Jacquelette de Lune qui me parle et me paraît très prometteur. Ou encore IRL : In Real Life, qui représente un peu un rêve personnel de réaliser mon propre court-métrage SF en prise de vue réelle. Mais je ne pourrais pas évoquer tel ou tel projet sans parler des Brooniz !

Les Brooniz est un projet porté par François Carrobourg (de Bellecour également) et qui parle de petits lutins de retour dans notre quotidien. C’est une série d’animation 3D faisant partie d’un vaste programme Transmédia très bien imaginé. Le ton, les personnages et les graphismes sont vraiment séduisants. D’ailleurs, j’en suis même devenu coproducteur ! (et plusieurs de mes coprods le sont devenus également). Les Brooniz est un projet vraiment chouette et qui a encore besoin d’être coproduit. Alors j’invite tout futur coprod à faire le pas !

Dip N’ Dance

C’est pour sa détermination, son talent et son projet aujourd’hui culte chez touscoprod qu’Hugo Cierzniak fait partie de nos belles histoires. Avec « Dip N’ Dance », un court-métrage d’animation, Hugo a collecté 8 380€ en 2 mois ! Ses 137 coprods se sont vite laissés convaincre par la qualité de son travail, le ton humoristique et le message de son film.

8 380 euros collectés, 137 coprods, 106% de son objectif de départ.

« Dip N’ Dance », c’est l’histoire délirante de Maximilien Desmarets de la Rochebruyère, “MDR”, un aristocrate quadragénaire arrogant et orgueilleux qui commande le mobilier de sa salle de bain et qui après un choc électrique avec son poste radio, va se retrouver possédé par les musiques diffusées, avant que son mobilier ne se retourne contre lui.

▪ Comment a débuté cette aventure « Dip N’ Dance » ?

C’est un projet dont l’idée m’est venue en 2007 où j’avais vu la performance d’une danseuse contemporaine à Berlin qui dansait complètement nue et chantait en playback avec juste une perruque orange fluo. Elle tournait le dos au public en faisant semblant de tenir un micro.

L’effet comique que m’a inspiré la performance m’a poussé à analyser… pourquoi c’était drôle ?

Je me suis rappelé que tout le monde s’amuse à chanter et danser nu sous sa douche en ayant l’air probablement aussi ridicule. J’en suis arrivé à la conclusion qu’en imaginant un bourgeois, qui serait tout le contraire d’un danseur, danser contre sa volonté sur des musiques déjantées, on obtiendrait un contraste hilarant. Mettre en scène quelqu’un de riche ayant un faible pour des gadgets technologiquement avancés qui se retourneraient contre lui alors qu’il est déjà en danger était un bon prétexte et une manière humoristique de dénoncer les abus de notre société de consommation actuelle et les dangers des progrès technologiques qu’on ne maîtrise pas toujours.

▪ Tu l’expliques dans ta vidéo de présentation, se lancer seul dans cette aventure a été un parcours du combattant. Une anecdote ?

Des anecdotes j’en ai à la pelle mais la vidéo de présentation devait rester courte et surtout ne pas être un complainte sur les difficultés de mener à bien un projet comme celui là .

Une anecdote que je n’évoque pas mais qui me restera encore un moment en tête, c’est après la préselection du film lors d’un appel à projets de la part d’un organisme attribuant des bourses pour des films d’animation à but non lucratif. Je passe devant devant un jury composé de professionnels du milieu, et après quelques phrases du genre « On est confronté aux technologies au quotidien je ne suis pas bien sûr que le public ait envie de voir ça en court-métrage » ou encore  « Ouais bon c’est un mec qui danse dans sa salle de bains so what ? »

J’ai eu le droit pour finir ma présentation à un ultime « Mais.. Euh.. Je ne comprends pas, pourquoi vous avez besoin de fonds pour faire ce film et pourquoi vous ne faites pas ça sur votre temps libre avec des amis ? »

▪ Comment as-tu découvert touscoprod ?

C’est un ami/employeur avec qui j’ai l’habitude de travailler et qui était au courant de ma démarche qui m’a fait découvrir le site.

▪ Qu’est-ce qui t’as décidé à te lancer dans cette aventure ?

C’était un bon moyen pour faire parler du projet tout autour de moi. Et puis je me suis dis que si les professionnels du milieu ne voyaient pas d’intérêt dans ce projet, c’est que sûrement le public serait plus clairvoyant

▪ Qu’est-ce que cette campagne a changé dans le destin de ton film ?

Le moyen de récolter juste de quoi remercier plus ou moins à la hauteur de leur participation les gens qui auront travaillé dessus gratuitement ou presque pendant le temps de la production du film. Sans la récolte des fonds, le film se serait quand même fait mais disons que je n’aurais pu remercier ceux qui m’ont soutenu sur le projet qu’avec « ma gratitude éternelle »… Et on sait tous que la gratitude n’a jamais nourri personne ni suffit à payer un loyer à Paris.

▪ Comment a réagi ta communauté ? Une anecdote ?

La « communauté » de l’animation dirons nous, a tout de suite très bien recueilli ce projet. Beaucoup d’enthousiasme et d’attente autour du film. La plus grande surprise a été la participation de certaine personne qu’on n’attendait pas du tout et malheureusement, l’absence de certaines sur lesquelles on pensait pouvoir compter. Mais dans l’ensemble, les gens se sont montrés beaucoup plus généreux que ce à quoi je m’attendais donc j’ai été très agréablement surpris.

▪ Et maintenant ?

A l’heure actuelle, le film côté image est plus ou moins terminé. Tout est entre les mains du sound designer qui s’occupe de bruiter le film et de mettre les ambiances. Ensuite on mix le tout, on fait une dernière couche d’étalonnage sur le film, quelques retouches au niveau du générique et après on devrait être bons pour que le film soit enfin terminé prêt à partir en festivals !!! J’imagine qu’on devrait le terminer pour de bon entre début et mi-janvier 2013.

Une idée, un projet audiovisuel à financer ? déposez votre projet sur touscoprod et devenez une de nos belles histoires !