7ème conférence : Des contreparties créatives pour booster sa campagne de crowdfunding

Si la qualité de la vidéo de présentation joue un rôle primordial dans le succès d’une campagne de crowdfunding, l’originalité des contreparties est un atout considérable. Proposer au moins 5 contreparties, augmentent vos chances de réussite de 15%. Deux porteurs de projet qui se sont lancés dans l’aventure du financement participatif aux côtés de touscoprod sont venus partager avec nous leur expérience.


 

Nous avons reçu Cédric Edy, producteur pour DLC Production et porteur du projet « L’Approche », une série de fiction sur le thème du fantastique et du paranormal. Ses contreparties originales et créatives ont permis au projet d’atteindre 125% de son objectif initial, soit 2 600€ en 1 mois !

 

Louise Dautheribes McKerl, jeune réalisatrice et porteur du projet « L’Avant Scène », un court-métrage en campagne sur touscoprod.

Pour prendre conscience de l’intérêt des contreparties, il est important de comprendre qui sont les personnes qui souscrivent à ces contreparties. Parmi vos coprods, il y a bien sûr votre famille, vos amis, les amis de vos amis… puis par la suite, votre troisième cercle : tous les gens que vous ne connaissez pas et qui n’ont encore aucune connaissance de votre super projet.

Ce troisième cercle est composé de consommateurs – ou dans votre cas plutôt de cinéphiles – qui veulent s’impliquer dans la conception, l’amélioration, la promotion et même le financement de votre projet. Ces consommateurs sont appelés des « presumers » : ils sont prêts à payer plus pour avoir la primeur, pour avoir accès à des éditions limitées ou à des avant-premières par exemple. Un dialogue, en ligne et hors ligne, s’installe alors entre les presumers et les porteurs de projets : la circulation de l’information, l’échange, se font sans obstacle.

Pour les coprods, les contreparties sont souvent un souvenir de l’aventure qu’ils ont vécu aux côtés d’un porteur de projet ou l’occasion de vivre une expérience hors du commun : leurs premières motivations étant la réussite de votre projet, la participation à un projet auquel ils croient et leur passion pour le cinéma. Proposer une « gamme » de contreparties, c’est donner la possibilité à chacun de participer à hauteur de ses moyens et de son implication dans le projet. Une autre qualité indispensable aujourd’hui pour faire la différence : l’originalité de vos contreparties ! Tout en restant cohérentes avec le projet, des contreparties originales vont vous permettre de convaincre les internautes de votre créativité et vont valoriser d’autant plus leur générosité.

Quelques idées créatives ? Des goodies, des invitations aux projections, sur le tournage ou à un verre avec l’équipe du film, le carnet du réalisateur, nommer un personnage de votre film avec le nom du coprod, une box surprise, une contrepartie offerte en fonction d’un objectif ; ou comme Cédric Edy, pour 95€ : le statut de coproducteur d’honneur, comprenant un shooting offert avec l’héroïne de « L’Approche » ainsi que l’invitation à la soirée de projection à Paris, avec l’arrivée dans la limousine des comédiennes et de l’équipe de production». L’équipe de la série a eu la bonne idée de proposer cette contrepartie en fin de campagne pour rebooster les souscriptions.

Autre stratégie qui fonctionne : proposer des contreparties limitées. Cette notion d’exclusivité donne plus de valeur à la contrepartie. Sous les bons conseils de Cédric, Louise Dautheribes McKerl a développé deux contreparties limitées : un accès VIP aux coulisses du tournage de « L’Avant Scène » pendant une demi-journée ou encore, la participation en tant que figurant au tournage.

Porteurs de projet, vous êtes tous des créatifs, soyez le dans vos contreparties !

6ème Conférence : Réussir ma vidéo de campagne de crowdfunding

Nous savons que faire une bonne vidéo de campagne de crowdfunding permet de multiplier ses chances de succès par deux. Il ne suffit pas de proposer un simple trailer mais bien de créer une vidéo dédiée à sa campagne. Trois intervenants : un porteur de projet touscoprod et deux fondateurs de deux autres plateformes sont venus témoigner de l’importance de cette vidéo tout en apportant leurs conseils.

 

Nous avons reçu Hugo Cierzniak, réalisateur du court-métrage d’animation haut en couleurs « Dip N’Dance». Grâce à sa vidéo claire et rythmée, le projet a réussi a dépassé son objectif initial pour atteindre les 8 380€ en deux mois.

Hortence Garand, fondatrice de la plateforme généraliste Babeldoor.

Fabrice Carrega, fondateur de la plateforme généraliste Arizuka.

 

Une vidéo de campagne de crowdfunding représente tout d’abord la vitrine d’un projet. C’est elle qui permet d’avoir une première bonne impression du projet et de ses créateurs. C’est aussi cet élément qui sera le plus partagé sur les réseaux sociaux et qui permettra donc de mobiliser de nouveaux soutiens (3ème cercle). Elle donnera confiance et envie de participer au projet.

Cette vidéo de campagne de crowdfunding représente ensuite la tribune d’un projet. C’est un moyen pour le porteur de projet de s’adresser directement à ses futurs souscripteurs leur communiquant tout son enthousiasme. Savoir qui se cache derrière un projet est un élément déterminant dans la démarche de souscription.

Envie de vous lancer dans l’aventure crowdfunding ? Voici les conseils qui ont été avancés durant cette conférence. Sur le fond tout d’abord. Cette vidéo doit répondre à plusieurs questions qui permettront aux internautes de comprendre tout de suite de quoi il s’agit et ce en 2-3 minutes maximum, pour ne pas être victime du zapping comme le rappelle Fabrice.

Quoi ? Il s’agit d’un super projet qui fait appel au financement participatif avec tel objectif. Pourquoi ? Pourquoi vous faîtes appel au crowdfunding. À quoi va servir l’argent. Comment ? Comment vous aider : en souscrivant financièrement en échange de contreparties, ou en vous aidant à diffuser cette vidéo. Où ? Sur quelle plateforme les souscripteurs doivent aller. Quand ? Jusqu’à quelle date peut-on souscrire.

Cette vidéo doit par ailleurs être nécessairement concise, claire et convaincante, comme l’a fait ce prof de marketing pour son projet The Icarus Deception qui a levé $40 000 en 3h sur Kickstarter, avec un simple face caméra. Elle doit également rassembler les qualités suivantes : sincère, enthousiasmante, inspirant confiance et créative (c’est d’autant plus vrai pour le secteur audiovisuel). Hugo Cierzniak a ainsi pensé une vidéo de campagne scénarisée en cohérence avec son projet de court-métrage d’animation. Il a su montrer son univers artistique tout en expliquant clairement sa recherche de financement. Sans argent mais en y consacrant une semaine, il a réussi à créer une vidéo virale qui a attiré de nombreux souscripteurs. Des coprods qui se sont peut-être dit « avec un vrai budget, il arrivera surement a nous faire un truc qui déchire ! » (Hugo).

Hortense et Fabrice se rejoignent aussi sur le fait qu’avec peu de moyens on peut réaliser de bonnes vidéos de campagne. Ils insistent sur le fait qu’il faut faire ressentir l’enthousiasme de l’équipe qui se cache derrière un projet. Le futur souscripteur a besoin de savoir qui incarne le projet pour pouvoir lui faire confiance.

 

5ème conférence : Le Financement Participatif de Films au Service d’une Cause

À l’occasion de la Social Good Week, pleins feux sur les projets solidaires. Cette conférence a accueilli cinq intervenants : des porteurs de projets touscoprod exclusivement, et des invités de marque venus témoigner de l’impact du crowfunding pour les bonnes causes.

 

Nous avons reçu Céline Darmayan, réalisatrice du documentaire « Entre Leurs Mains » qui défend le métier des sages-femmes pratiquant les accouchements à domicile. A l’heure actuelle, le projet est toujours en ligne et vient de passer le cap des 172%.

Marie Maffre, réalisatrice du documentaire « Ainsi squatte-t-il » qui dénonce les problèmes de logements, qui a récolté les 7.000 € espérés.

Jan Vasak, producteur de « Ainsi squatte-t-il » et de « Nucléaire. La voie du Génocide », est venue renforcer leurs propos sur l’impact du crowdfunding sur les projets solidaires.

Nous avons été ravis de donner la parole à Christophe Driesbach, du collectif « Jeudi Noir » qui a soutenu le projet « Ainsi Squatte-t-il », ainsi qu’à Vincent Brossel, de l’ONG « Terre Solidaire » qui défend le projet « Nucléaire. La voie du génocide ».

Nous avons également reçu des coprods engagés et motivés par les causes développées dans ces documentaires.

Dans le cadre de la Social Good Week, manifestation internationale consacrée au numérique solidaire, touscoprod s’est intéressé à la synergie qu’il existe entre des porteurs de projets, réalisateurs ou producteurs de films, des associations ou ONG et la communauté qui se crée autour d’un même projet, d’une même cause.

Chez touscoprod, nous savons aujourd’hui que les films documentaires engagés soulèvent en moyenne 16 000€* de participations de la part de leurs coprods, contre en moyenne 8 000€* tous formats confondus. Les coprods ne s’engagent pas uniquement financièrement dans les films ou documentaires auxquels ils contribuent. Ils ont également à cœur la défense des causes soutenues au travers de ces projets et vont par la suite devenir naturellement des relais d’information puissants, puisque légitimes et convaincus de leur engagement.

Jan Vasak évoque ainsi des notions de partage et d’échange avec les coprods eux aussi engagés dans la cause défendue par le film. Il aura vécu ses expériences aux côtés de touscoprod comme une véritable « aventure humaine ». Tout comme au sein d’un collectif ou d’une association, les souscripteurs expriment leur solidarité autour d’un projet, souligne Christophe Driesbach du collectif « Jeudi Noir ». Autre constat, soulevé par Marie Maffre, alors que certains projets ne rencontrent pas leur public par les canaux de production et/ou de diffusion traditionnels, ils bénéficient d’un fort soutien au travers de touscoprod. C’est le cas notamment de « Ainsi squatte-t-il », qui aura finalement atteint ses objectifs grâce au soutien de ses 107 coprods. Selon Vincent Brossel de « Terre Solidaire », on assiste aujourd’hui, et notamment au travers du crowdfunding, à un « réveil citoyen ».

Un des coprods ayant soutenu « Entre Leurs Mains » de Céline Darmayan considère que l’image a plus de pouvoir que les autres médias pour déclencher un débat autour d’une cause.

Parce que l’implication des souscripteurs pour un film engagé est tout aussi profonde que celui des réalisateurs pour leurs projets, le financement participatif offre de réelles opportunités pour la défense de causes ou projets solidaires.

4ème Conférence : Construire une Campagne Cohérente et Attractive

La thématique : « Quelles sont les actions préalables qui permettent une campagne de communication efficace ? Comment donner envie aux internautes de souscrire sur son projet ? »

Cette conférence a accueilli quatre intervenants de trois plateformes de financement participatif différentes. Ils ont réussi à financer leur projet et ils nous en parlent !

Le premier, Davy Chou, a présenté son documentaire « Le Sommeil d’Or » sur touscoprod. Financé à 110% par 151 souscripteurs, il sortira en salles le 19 septembre 2012.

Ensuite, Taina Tervonen et Zabou Carrière, ont pu produire un documentaire, « Trnopolje un été oublié« , sur KissKissBankBank. Ce projet a demandé un financement de 4 000 €, et a finalement obtenu 110% du montant espéré.

Enfin, Arthur Lemasson nous a fait part de son expérience de crowdfunding avec son court métrage « La Simplicité« , déposé sur Ulule. Un projet qui a dépassé son objectif de 1 100 € grâce au soutien de 43 souscripteurs.

Chez touscoprod, on sait par expérience que des contreparties originales, adaptées à l’esprit du projet et à tous les budgets est le moyen le plus efficace de toucher une plus large communauté de souscripteurs, jusqu’à donner envie de réinvestir plusieurs fois sur le même projet. On apprend également que les sources de souscriptions viennent majoritairement des mailings des porteurs de projets à leur communauté, et des partages Facebook, qui représentent une porte d’entrée indispensable sur la page du projet.

Pour Davy Chou, chaque action a eu son importance. Il a mis un point d’honneur à n’en négliger aucune. Il s’agit de rester cohérent dans la globalité du projet. Il insiste sur l’importance d’être actif en permanence, et ce sur le long terme. Que ce soit par des posts sur les réseaux sociaux, la publication d’actualités régulières, d’un réseau à sans cesse élargir, d’une communication sans relâche sur les contreparties… Il faut savoir se renouveler et faire preuve d’inventivité tout au long de sa campagne pour que celle-ci soit effective.

Comment impliquer une communauté, recruter des souscripteurs ? Taina Tervonen et Zabou Carrière, du fait du sujet pointu de leur documentaire, ont pu interpeller un public spécialisé en contactant des sites et des blogs en rapport avec le thème du film. Cette communauté, impliquée et engagée, a permis de relayer les informations sur Facebook et engendré des souscriptions de la part d’un troisième cercle. En effet, Facebook a été l’outil de communication le plus efficace durant leur campagne, en complément des mailings. Davy Chou, quant à lui, s’est appliqué à s’adresser personnellement à son réseau, et c’est ce même réseau qui lui a servi de bouche-à-oreille pour atteindre un deuxième cercle. Lui aussi a bénéficié d’un engouement conséquent autour de son sujet, la destruction du cinéma cambodgien, et a pu soulever un réseau spécialisé. Pour Arthur Lemasson, en dehors de l’impact engendré par le bouton Facebook « partager » qui permet à tous, y compris ceux qui ne participent pas financièrement, d’effectuer une action en relayant l’information, il s’agit aussi de communiquer oralement, et en dehors du web. Parler de son projet à ses amis, des connaissances, lors d’évènements, permet d’établir un réseau basé sur la confiance.

Prépare-t-on une meilleure campagne avant ou après le tournage d’un projet ? Il n’y a pas, sur ce sujet, de science exacte. Selon Arthur Lemasson, préparer une campagne de souscription après la réalisation du projet permet d’éviter un stress trop important, à savoir gérer un tournage et une campagne en même temps. Et d’autre part, lancer une campagne au stade de développement d’un projet permet à sa communauté de le suivre étape par étape. On constate qu’une campagne qui commence tôt multiplie ses chances de proposer des contreparties variées (journée de tournage, suivi des étapes…).

Pour conclure, construire une campagne cohérente et attractive est avant tout un travail de communication sans relâche qui permet de motiver un réseau. Bien choisir le contenu à offrir en contrepartie à ses souscripteurs permet de soulever l’intérêt des personnes interpellées par le bouche à oreille et les relais d’informations sur les réseau sociaux.

 

3ème Conférence : Quels Projets de Crowdfunding Réussissent ?

La thématique : « Pourquoi certains projets fonctionnent et d’autres pas du tout ? Quels éléments d’une campagne de financement participatif représentent les clés de réussite ? Le genre du projet rentre t-il en compte ? »
Cette conférence a accueilli cinq intervenants de deux plateformes de financement participatif différentes. Ils ont réussi à financer leur projet et ils nous en parlent !

Le premier, Tom Gutt, a présenté son court métrage « Fantaisie Hotelière » sur Ulule, financé à 100% par 56 souscripteurs.

Ensuite, David Atrakchi et Boris Mendza, ont pu produire un court métrage, « Last Call« , sur touscoprod. Ce projet a demandé un financement de 2 500 €, et a finalement obtenu  109% du montant espéré.

Un autre court métrage venant d’Ulule, « Mecs Meufs », réalisé par Liam Engle, a obtenu 4 450 € sur les 4 000 € demandés.

Enfin, après « Ainsi squatte-t-il » et « Même pas mal »,  deux documentaires portés avec succès sur touscoprod pour un total de 10 815€, Jan Vasak est également venu nous apporter son témoignage.

Peu importe le projet, tout commence par un ratio montant-durée optimal. Chez touscoprod, dans les projets qui réussissent, on constate une moyenne d’environ 1 500 € obtenus par mois. Plus de 50% des projets réussis ont lancé une campagne à moins de 4 500 €. La durée idéale est courte. En effet, une campagne de souscriptions est un marathon et une durée trop longue finit par essouffler et démotiver. Un montant raisonnable, une durée courte, un premier cercle bien impliqué permettent déjà au porteur de projet de mettre toutes les chances de son côté. D’expérience, Jan Vasak évoque le fait qu’à certaines périodes de l’année, les souscripteurs potentiels sont moins disposés à soutenir un projet financièrement. C’est notamment la raison pour laquelle il est déconseillé de placer la fin d’une campagne de souscription en fin de mois, par exemple.

Quel que soit le genre, là aussi, une bonne vidéo de présentation est un outil indispensable. Elle doit à la fois s’adresser aux souscripteurs, définir le sujet du film, être brève et expliquer les besoins de financement. Plus elle sera concise, plus elle sera virale et plus le porteur de projet aura des chances de toucher un deuxième et troisième cercle. Selon Tom Gutt, il est aussi important de trouver un juste milieu afin d’expliquer sans pour autant tout dévoiler, car on ne veut pas forcément donner immédiatement la chute d’une fiction !

Les contreparties sont personnalisables à l’infini. Elles s’adaptent à tous les projets, il suffit de faire preuve de cohérence et d’imagination. Bien les définir permet de gagner des points (et des souscripteurs !). Pour  Tom Gutt, elles permettent de maintenir un univers autour d’un projet : à fiction décalées, contreparties décalées, etc. Il déclare également qu’un large éventail de montants, adaptés à toutes les bourses, permet logiquement de toucher plus de monde. Il ne faut surtout pas négliger les petits montants. Selon lui, en terme de communication, il est bien plus intéressant d’obtenir 10 € par 10 souscripteurs différents que 100 € par un seul, car c’est multiplier par 10 les gens qui peuvent en parler et débloquer un deuxième ou troisième cercle.

Enfin, des actualités régulières et pertinentes sont une arme précieuse pour ne pas relâcher l’attention des souscripteurs sans pour autant les noyer sous des montagnes de news.  Jan Vasak souligne l’effet de ses news sur la jauge de ses projets. S’agissant de documentaires engagés sur des faits de sociétés, il a pu, en communiquant sur ses news, attirer des coprods qui se sont sentis impliqués, allant parfois jusqu’à des montants très élevés comme 1 500 €. De leur côté, David Atrakchi et Boris Mendza ont régulièrement alimenté leurs coprods avec des actualités sur les comédiens, des galeries photos du tournage.

Pour conclure, que l’on parle de documentaire, de vidéoclip ou de fiction, il s’en dégage qu’il n’y a pas de genre dominant qui réussit à tous les coups. Il n’y a que des porteurs de projets qui mettent toutes leurs chances de leur côté avec des choix pertinents et adaptés à leur projet avec le plus de précision possible, et ce, tout au long de leur campagne de souscription.

 

Seconde Conférence : Qu’apporte le Crowdfunding, au-delà de sa Dimension Financière ?

 

La thématique : « Qu’apporte le crowdfunding au-delà de la dimension financière ? Une communauté impliquée est-elle un atout précieux lors des différentes étapes de fabrication d’un film? »

Cette conférence a accueilli trois intervenants de deux plateformes de financement participatif différentes. Ils ont financé avec succès leur projet et ils nous en parlent !

La première, Michèle Fourniols, a présenté son documentaire « Speedy Graphito, La Vie d’Artiste » sur touscoprod. Son projet prévoyait de récolter 15 000 € sur 5 mois pour finalement en obtenir 17 162€. Le secret de sa réussite a été sa manière de dialoguer avec ses souscripteurs.

Ensuite, Ingrid Franchi vient de Ulule et a présenté une série, « OLTC« . Ce projet a demandé un financement de 5 000 €, et a finalement obtenu 110% du montant espéré grâce à un effet de bouche à oreille soulevé par sa communauté.

Enfin est intervenu un autre porteur de projet de chez Ulule, Roland Carrière, avec son documentaire « Esprit Rouge » qui a obtenu 8 510 € sur les 8 000 € demandés en plus d’un soutien moral de la part de ses souscripteurs.

Qu’est-ce que les souscripteurs ont apporté à ces trois projets en plus de leurs contributions financières ? Michèle a déposé un projet en développement, ce qui a permis à ses coprods de s’impliquer en lui donnant de nombreux conseils pour son documentaire. D’autant que le Crowdfunding ouvre la voie au Crowdsourcing : les deux porteuses de projets ont ainsi pu recevoir une aide spontanée, que ce soit pour de la figuration dans « Speedy Graphito » ou de bénévoles pour le tournage de «OLTC». Les souscripteurs ne donnent pas que de l’argent mais de leur temps, certains ne sont même pas intéressés par les contreparties auxquelles ils ont droit.

Le soutien moral, lui aussi, n’a pas de prix, comme en témoigne Roland qui en a été très touché. Le Financement Participatif est une véritable aventure humaine. Pour Michèle, c’est aussi une occasion de tester les réactions d’un premier public qui se sent impliqué.

Les souscripteurs sont enfin un relai de communication dont la portée n’est pas négligeable. Le bouche à oreille a apporté une nouvelle vague de souscripteurs conséquente sur le projet de Roland. Quant à Michèle, des coprods engagés ont fait connaître le projet à des journalistes.

Une communauté impliquée se mérite. Elle nécessite de l’attention et ne se gère pas à l’aveugle : bien communiquer avec elle, ça se prépare. Du côté d’Ingrid et de Roland, il a fallu demander un aide ponctuelle pour assurer une communication régulière avec leurs souscripteurs car cela représente beaucoup de travail en plus de la préparation de leurs tournages respectifs. Quant à Michèle, aucun élément n’a été laissé au hasard. Du développement à la sortie du film en passant par la phase de post-production, tout a été préparé à l’avance ! Chaque information diffusée a été pensée pour les coprods, le dialogue avec eux a été systématique.

Comment on implique une communauté tout au long du projet ? L’aspect relationnel est d’une importance capitale, témoigne Ingrid. C’est à la fois une manière de remercier les personnes qui contribuent à un projet et qui ne sont pas toujours intéressées aux contreparties et de leur donner à chaque étape du film les informations sur l’état du projet. Roland souligne la nécessité d’avoir des contacts réguliers avec sa communauté. Quant à Michèle, le Crowdfunding apporte une dimenssion affective. Des liens d’amitié ont même fini par se créer entre elle et certains coprods.

Pour conclure, en dehors de l’aspect communautaire, le crowdfunding demande d’aborder autrement le développement d’un projet, en adaptant le développement de celui-ci à une campagne de financement participative, la manière de travailler devient plus artisanale et de ce fait, plus humaine.

1ère conférence : Pourquoi le Crowdfunding ?

 

La thématique : « Aujourd’hui, le crowdfunding se démocratise. Quelles motivations poussent les porteurs de projets audiovisuels à soumettre leurs films sur une plateforme de financement participatif ?  »

Cette conférence a accueilli trois intervenants de deux plateformes de financement participatif différentes. Ils ont réussi à financer leur projet et ils nous en parlent !

Le premier, Samir Benchikh, a présenté son documentaire « Une révolution africaine«  sur touscoprod qui est amené à sortir en salle. Son projet prévoyait de récolter 15 000 € sur 100 jours pour financer la post-production de son film. Après la date d’échéance le montant total de la souscription a dépassé le montant espéré. Ce qui l’a porté est notamment le fait d’avoir réussi à mobiliser une communauté dont chaque membre a joué le rôle de relai en parlant du film autours de lui.

Les deux autres intervenants, Pierre Bessard et Thomas Léaud, viennent de KissKissBankBank et ont présenté un webdoc sur la vie d’un sans abris parisien, « Georges« . Ce projet a demandé un financement de 10 000 €, à récolter en 90 jours, pour financer les frais de voyages et les salaires des techniciens. Finalement l’équipe a obtenu 12 000 €, soit
2 000 € de plus que prévu. Pour eux, le financement participatif pour produire leur film était un choix en cohérence avec leur projet, puisqu’il nous rappelle que la solidarité est une valeur importante pour un meilleur rapport aux autres. Eux aussi ont utilisé le community management en alertant le public sur leur projet via les réseaux sociaux.

Une grande partie de la communication des projets sur Internet s’est faite grâce à Facebook. Pour leur webdoc, Pierre et Thomas ont créé une page Facebook et ont rassemblé à eux deux environ 1000 contacts. Sur les 127 coprods que le projet a regroupé, la majorité fait partie de leur entourage (famille, amis, contacts professionnels…). Samir a regroupé quant à lui environ 3500 contacts Facebook à lui seul, en créant également une fan page sur le film. Son réseau plus large s’est développé en France mais aussi et surtout en Afrique avec de nombreuses associations, des personnes engagées, des personnalités dont Tiken Jah Fakoly… Une fois s’être fait connaître, les projets ont attiré les souscripteurs grâce aux contreparties qu’ils proposaient.

Pour « Georges », des contreparties artistiques ont été mises en place. Thomas étant photographe, ils ont pu proposer des cartes postales avec ses photos, ou encore un portrait de Georges réalisé par une artiste-peintre. Ces contreparties ont un coût à bien considérer dans le budget selon Thomas et Pierre. Pour « Une révolution africaine », Samir avait prévu des contreparties sous forme de goodies personnalisés (affiche unique du film avec le nom du coprod…) et de projections privées en présence de l’équipe du documentaire. Pour un futur projet il a pensé à des invitations en salle de montage pour toujours plus de proximité avec les coproducteurs.

En ce qui concerne le contenu de l’information diffusé, la quantité et la fréquence de diffusion, chacun des deux projets a eu sa méthode. Samir, par exemple, a fait l’erreur de tout poster au début de sa période de souscription. Il a réalisé par la suite que donner des informations au compte-goutte permet de mieux impliquer le public et d’agrandir sa communauté de souscripteurs. Selon lui, le bon équilibre est de poster un élément par semaine, que ce soit un carnet de bord, des photos… Pierre et Thomas eux, soulignent aussi l’importance de publier des informations mais surtout celle de se rapprocher du transmédia, c’est-à-dire prolonger la narration du projet, au-delà du film en lui-même, en diffusant du contenu différent selon chaque média choisi. Exemple: le long-métrage diffusé au cinéma, l’histoire du tournage dans un making-off en DVD, la genèse du projet présentée dans des magazines… Pour eux, cette diversification ne leur fait pas perdre la main sur leur œuvre. Les sites de crowdfunding sont pour eux un média particulièrement efficace pour mesurer l’intérêt suscité par un projet.