Master Class Live spéciale documentaire !

Vous recherchez des financements pour votre documentaire ou webdoc ?

La master class touscoprod vous donne toutes les clés pour réussir votre campagne de financement participatif en mobilisant vos communautés.

Durant cette matinée de formation, vous rencontrerez des experts du crowdfunding ainsi que des porteurs de projets qui ont réussi leurs campagnes.

Il suffit de vous inscrire ci dessous pour participer. (Limité à un billet par participant. Pensez à renseigner vos coordonnées.)

Vous ne pouvez pas venir ? Pas de problème ! La Master Class sera retransmise en direct sur Dailymotion, rendez-vous à cette adresse :

www.touscoprod.com/masterclass-live

Grâce à notre formation vous découvrirez comment organiser une campagne de souscription sur notre plateforme et comment construire votre communauté sur Internet pour promouvoir votre film.

De nombreux projets ont réussi leur campagne suite à une Master Class, retrouvez-les tous ici !

Alors pourquoi pas vous ? Nous vous y attendons nombreux !!

À très vite !

L’équipe touscoprod

Crowdfunding et documentaire : une love story sans chichi

Toute l’histoire du documentaire s’est faite autour de ce genre de mobilisations. Il y a cinquante ans, la télévision n’en diffusait pas. Ce sont les projections militantes et les ciné-clubs qui les ont fait vivre. Le crowdfunding, aujourd’hui, encourage l’audace et l’originalité. A sa façon, c’est une forme de contre-pouvoir.

Yves Jeanneau (CEO du festival Sunny Side) dans un article des Inrocks

 

Il y a 5 ans, touscoprod expérimente les premières campagnes de financement participatif pour les projets audiovisuels. Contre toute attente, les documentaires rencontrent l’adhésion du public alors que les autres genres audiovisuels peinent à convaincre.

En juin 2009, Blague à Part, notre premier documentaire, lève plus de 25 000€ auprès des internautes. Un an plus tard, Fin de Concession de Pierre Carles, bat tous les records en collectant plus de 15 000€ en 48 heures et finira sa campagne à plus de 30 000€.

Depuis la liste s’est étoffée. Le documentaire représente actuellement la moitié des projets audiovisuels proposés sur touscoprod. Nous retiendrons le succès en salle de Les Rêves dansants, sur les pas de Pian Bausch, la nomination aux Oscar en 2011 de Waste Land sur l’artiste de Vik Muniz, les deux campagnes menées par Céline Darmayan pour son documentaire Entre leurs Mains, et actuellement En Quête de Sens de Marc de La Ménardière et Nathanaël Coste qui a levé 18 000€ les 10 jours de sa campagne.

Le financement participatif peut représenter entre 10% et la totalité du budget d’un documentaire, mais à cela s’ajoutent d’autres vertus communautaires. Le soutien moral, les aides en nature, le bouche à oreille et l’expertise sont ce que les porteurs de projet retiennent en premier des bénéfices de leur communauté ainsi constituée.

En regardant un peu plus loin, nous pouvons considérer que le crowdfunding converge avec l’écriture transmedia, où l’interaction avec l’audience est au coeur du dispositif narratif.

C’est au porteur du projet de permettre cette perméabilité entre son histoire et son audience. La possibilité laissée au public de choisir son degré d’implication ouvre les portes de l’enrichissement personnel et collectif. Les promesses des campagnes faites aux communautés sont alors fortes : s’engager dans une telle aventure, c’est agir concrètement sur son environnement par la sensibilisation et l’éducation de ses semblables.

Cette «désintermédation» devient ainsi un outil de contre-pouvoir. Contre-pouvoir pour le porteur de projet qui se libère des décisions centralisées pour faire exister son film. Contre-pouvoir pour le public qui impose sa volonté en participant à l’émergence des projets.

touscoprod, part la variété de son catalogue, donne une image en temps réelle des sujets qui nous préoccupent. Il est un indicateur pertinent de ce que sera le paysage audiovisuel de demain, au plus proche des attentes du public.

ll est intéressant de voir qu’après 2008 les sujets traités dénonçaient les travers d’une société malade, alors qu’aujourd’hui se dégage une volonté forte d’apporter des solutions concrètes. Des films comme Le Bonheur au travail, En Quête de Sens, La Blonde qui veut changer le monde, pour n’en citer que trois, ont l’ambition de mettre en marche un changement réel et positif.

Je me réjouis de participer à cet essor et d’apprendre autant au contact de réalisateurs, producteurs et jeunes étudiants qui ont le courage de croire en un monde meilleur. Ils ont ce talents de mettre en image ce qui ne s’écrit pas, ne se voit pas, ne se dit pas. Je les en remercie car ils donnent un sens profond à notre travail.

Matthias Lavaux, cofondateur de touscoprod

Un nouvel envol

Alors que tout le monde s’inquiétait d’une éventuelle fin du monde que les Mayas auraient annoncé pour le 21 décembre 2012, Julie Morales a saisi l’occasion pour s’intéresser à la spiritualité Maya, finalement peu présente des débats. De retour en France, les valises pleines d’image, elle a fait appel aux coprods pour financer la post-prod de son documentaire.

4395€ euros collectés, 72 coprods, 110% de son objectif de départ.

Qui sont ces Mayas dont on parle tant ? Quelles sont leurs pratiques spirituelles aujourd’hui ? Mais surtout, quels sont les messages qu’ils ont à nous faire passer ?

Entre spiritualité et cosmovision, les Mayas ont tant de savoirs à partager avec l’humanité : ce ne serait pas la fin du monde, mais peut-être la fin d’un monde tel qu’on le connaît…

Comment a débuté votre projet Un Nouvel envol ?

L’idée de ce film m’est venue début 2011 à force d’entendre les gens se questionner sur le calendrier Maya et le fameux 21 décembre 2012. Ne trouvant pas de réponses satisfaisantes à ce sujet, je décidais d’aller moi-même les chercher auprès des personnes les plus averties : les guides spirituels mayas. J’ai donc écrit mon projet la première moitié de l’année et j’ai ensuite cherché des producteurs. Sans succès, fin 2011 j’ai décidé de partir coûte que coûte. Comment financer ce film ? Je n’avais pas encore entendu parler de touscoprod mais sur le même mode, j’organisais alors une soirée avec mon réseau d’amis musiciens en projetant également mon premier documentaire « Terres sous les eaux ». Les entrées perçues lors de cette soirée m’ont permis d’acheter mon billet d’avion. J’ai ensuite crée un blog pour diffuser mon projet de film-documentaire sur la spiritualité et la cosmovision Maya et j’ai envoyé le lien à différents réseaux : l’université Inter-âge par exemple m’a contacté pour faire une conférence et présenter mon premier film. En échange de leurs noms dans le générique, une quarantaine de personnes a participé au film.  Cet argent a contribué à payer une partie de mon séjour sur place avec mes économies personnelles. Puis, un producteur parisien m’a contacté juste avant mon départ et m’a fourni une caméra HDV ainsi qu’un micro-HF. Et voilà, l’aventure commençait.

Avez-vous rencontré des difficultés particulières au début ?

Les plus grandes difficultés ont été financières. J’ai envoyé mon dossier de production à différents producteurs, sans succès. J’ai postulé à des aides à l’écriture du Conseil régional d’Aquitaine, du CNC, de la SCAM mais mon projet n’a pas été retenu. D’échecs en échecs, il fallait garder confiance car ça peut très vite nous démotiver. Finalement, j’ai puisé dans mes ressources et me suis dit « je partirai le faire quoi qu’il en soit». J’ai donc dû sous-louer mon appartement le temps de mon voyage (4 mois), j’ai quitté mon travail… Le retour sans un sou n’a pas été évident non plus. D’autant plus que notre entente avec le jeune producteur, qui m’avait prêté du matériel pour tourner, n’a pas tenu… De nouveau en France avec 60 heures d’images, seule, il fallait que je trouve un autre moyen de financer la post-production pour faire un film à la hauteur de mes attentes.

Comment avez-vous découvert touscoprod ?

J’ai donc cherché toutes les aides à la post-production possibles et inimaginables, j’ai envoyé des listes de mails… sans grands retours ! Puis, dans l’une des brochures que l’on m’avait donnée, apparaissait touscoprod,  j’ai donc téléphoné et ils m’ont proposé de suite un rendez-vous. J’ai été reçue par une charmante jeune femme qui m’a présenté de manière très professionnelle cette plateforme de co-production.

Qu’est-ce qui vous a décidé à présenter votre projet ?

Autant dire que cette manière de production était totalement en adéquation avec la genèse de mon film. En effet, depuis ses débuts, il était déjà co-produit. L’argent que j’avais obtenu provenait déjà de personnes qui « misaient » sur moi et qui me faisaient confiance. De plus, je n’avais plus de temps à perdre, on était en août et je voulais que mon film soit terminé en novembre 2012, de sorte à pouvoir le diffuser avant décembre 2012. Cette alternative me permettait de faire une campagne en trois mois pour collecter 4000 euros et payer un monteur, des musiciens pour la bande originale, un ingénieur du son, l’achat d’un ordinateur pour le montage etc… Non seulement, je ne devais pas passer par les rouages de bureaucratie mais en plus j’étais le capitaine à bord de ce bateau de croisière.

Comment s’est déroulée la campagne, qu’a-t-elle changé à votre film ?

Cette campagne m’a demandé beaucoup d’énergie, il faut le dire tout de même ! Car on est moteur de toute cette diffusion et ce n’est pas rien. Elle m’a permis de faire connaître mon documentaire auprès de proches mais aussi auprès d’un large public. J’ai donné vie au film avant même qu’il ne soit terminé, c’était franchement génial, ça motive. En fait, cela m’a permis de récolter de l’argent sur le mode du défi mais aussi de faire tout une campagne de communication autour du film, et de donner de la légitimité au projet.

Comment a réagi votre communauté ? Une anecdote ?

J’ai eu un petit cercle d’amis qui n’a pas cessé de relayer l’information, sur Facebook, par mail. On me demandait souvent où j’en étais mais ce que j’adorais c’était quand ils me disaient « j’ai regardé aujourd’hui, t’es passé à 65% !!! » alors que moi-même je ne le savais pas… Ils suivaient ça comme une course de chevaux ! J’ai eu de belles surprises, des personnes qui ont participé alors que je n’avais pas eu de nouvelles d’elles depuis des dizaines d’années…

Où en est votre film aujourd’hui et quels sont vos futurs projets ?

Mon film a été diffusé une fois à l’Utopia de Bordeaux (salle comble, 180 personnes) et une fois à la médiathèque de Melun. Il a été acheté par le Réseau National des Musées et est en vente à la librairie du musée du Quai Branly. C’est très valorisant même si économiquement ce ne sont que de très petits budgets. Il a également été sélectionné par l’ADAV pour le proposer à l’achat dans le catalogue des médiathèques et des bibliothèques de France. Je l’ai envoyé dans plusieurs festivals comme le festival du cinéma d’Amérique Latine de Biarritz ou le festival de cinéma Jean Rouch.. J’attends les réponses. Malheureusement, c’est très difficile de porter seule un projet comme cela, car la diffusion, c’est encore un autre travail. Comme je ne peux consacrer tout mon temps à cela, je dois reconnaître qu’il n’a pas été diffusé à la hauteur de mes attentes. Travailler en équipe est indispensable, c’est ce que je souhaite pour mon prochain film. J’ai d’autres projets, l’un qui m’emmènerait au Brésil avec une amie touchée par la leucémie. Ce serait un documentaire sur « l’espoir » ou « la résilience » (rien à voir avec un documentaire sur la maladie) mais difficile à expliquer en quelques mots. L’autre porterait sur le symbolisme de la naissance et m’amènera au Canada, au Brésil et au Guatemala dans les communautés indigènes.

Pouvez-vous nous parler d’un autre projet sur touscoprod que vous aimez, qui vous interpelle ou que vous soutenez ?

Je continue de suivre le projet Entre leurs mains qui m’interpelle par sa thématique. J’ai aussi adoré le projet Dip N’Dance. Je pense qu’il y a beaucoup de talents sur ce site, et que ce pourrait être une belle trousse à projets pour les producteurs… en co-production avec la « société civile » bien-sûr !

Les Anges Anonymes

Ce projet documentaire, devenu un exemple à suivre chez touscoprod, a su mobiliser une importante communauté qui l’a soutenu et lui a permis de réussir une belle campagne. Les 17 230€ levés permettront à ce film que le réalisateur décrit comme « beau et utile » d’exister, dans un peu plus d’un an…

17 230 euros collectés, 194 coprods, 115% de son objectif de départ.

Les Anges Anonymes, c’est l’histoire de Françoise, infirmière libérale, le quotidien d’hommes et de femmes souvent âgés, souvent isolés. D’eux, elle sait presque tout ; pour eux, elle est parfois absolument tout. Sans misérabilisme, avec un enthousiasme et un humour communicatifs, cette professionnelle hors norme nous invite chez celles et ceux que nous ne voyons plus, que nous n’entendons plus… nous offrant mois après mois, saison après saison, l’occasion de rencontres en apparence simples mais d’une inestimable richesse.

Comment a débuté l’aventure des Anges Anonymes ?

Par une rencontre, lorsque je préparais mon court-métrage « Champagne ». Je cherchais un décor à Lyon, un appartement dans son jus, qui aurait été habité depuis des années par une personne âgée, et quelqu’un m’a présenté Françoise en me disant : « elle est infirmière libérale, des appartements vieillots elle doit en visiter un paquet ! » Me voilà donc parti en novembre 2011 en tournée avec Françoise. J’ai immédiatement eu un coup de foudre pour cette femme hors du commun et pour les gens qu’elle m’a fait rencontrer, le monde dans lequel elle m’a permis de m’immiscer. Je suis retourné voir mon producteur, Hervé Houssou (Mitiki) et je lui ai dit : je sais ce que tu vas produire après « Champagne »! Il a tout de suite été séduit par l’idée.

Lancer un projet de documentaire n’est pas toujours facile, quelles ont été les difficultés que vous avez rencontré au début ?

La principale difficulté pour nous réside dans le financement. On a répondu en partie à cette difficulté avec touscoprod, mais le cercle vertueux c’est que cela nous a obligé à solliciter de nombreux partenaires potentiels – dans le giron du métier d’infirmier libéral – et que trois d’entres eux sont devenus partenaires financiers, dont un qui nous avait déjà suivi sur « Champagne ». Pour le reste, c’est de l’organisation car le tournage dure un an, hors de Paris où je réside, à raison de deux ou trois jours par mois avec mon chef opérateur image et son. Mais ce n’est pas si compliqué à gérer. Le nerf de la « guerre » reste l’argent. Depuis septembre 2012 et le tournage du pilote nous nous sommes tous mis en participation et même avec une partie du budget trouvé, nous resterons partiellement en participation. Ceci dit, ce film est une aventure qui humainement vaut toutes les rémunérations du monde.

Comment avez-vous découvert touscoprod ?

Je connaissais par des amis qui avaient tenté l’expérience et j’avais eu l’occasion d’en rencontrer l’une des représentantes aux journées des jeunes producteurs indépendants (JJPI), journées créées par la productrice Laurence Lascary (De l’autre côté du périph’).

Qu’est-ce qui vous a décidé à présenter votre projet ?

Le fait que ce film ait une fonction « sociétale » vertueuse (je ne sais pas comment dire ça autrement, ça peut paraitre très prétentieux), c’est-à-dire qu’il ait vocation à être utile, à servir une cause, celle de la sauvegarde d’une profession menacée, celle du respect de la volonté des personnes âgées/dépendantes – voire isolées – à rester chez elle, le fait aussi qu’on porte un regard aimant sur ces personnes que l’on préfère souvent ne pas trop regarder… Si mon projet avait été un film sans cette dimension « bonne action », je n’aurais pas mis à contribution mes proches, amis et le grand public. Mais c’est un point de vue personnel, je ne juge pas ceux qui le font… et heureusement pour touscoprod que tout le monde ne raisonne pas comme moi !

Vous avez participé à l’une de nos master class touscoprod, qu’est-ce que cette formation vous a apporté ?

Une compréhension globale des bonnes pratiques, c’était clair et utile.

Qu’est-ce que cette campagne a changé à votre documentaire ?

Il lui permet d’exister, de prendre son envol. C’est insuffisant mais c’est déterminant pour la suite. Ce n’est pas exactement le début de notre aventure dans ce film, mais c’en est le premier vrai tournant. J’espère pas le dernier !

Comment a réagi votre communauté ? Une anecdote ?

Nous avons eu la chance de bénéficier d’un écho extrêmement positif autour du projet. Nous recevons quasi quotidiennement des messages d’encouragement via Facebook ou autres. Une anecdote ? Un infirmier libéral que l’on ne connaissait absolument pas a investi pour 2 500 euros dans touscoprod après nous avoir demandé l’autorisation de proposer pour 100 euros aux infirmières qui le souhaitaient un pack petites annonces emploi sur son site perso + l’équivalent en contreparties touscoprod. Il a habillé la page Facebook de son site avec le bandeau du film. La contribution est tombée miraculeusement un vendredi soir. Je me souviens avoir passé un bon week-end…

Où en est votre projet maintenant, quelles sont les prochaines étapes ?

Nous continuons à tourner et ce jusqu’au 31 décembre 2013… 23h59. Nous sommes encore en recherche active de partenaires financiers et travaillerons bientôt sur les stratégies d’exploitation du film – rencontres avec des distributeurs cinéma, etc.

Pouvez-vous nous parler d’un autre projet sur touscoprod que vous aimez, qui vous interpelle ou que vous soutenez ?

J’ai été marqué par le succès de la campagne du film sur les sages-femmes à domicile (Entre leur mains, ndlr). D’une manière générale je suis sensible aux démarches un peu militantes bien que très peu militant moi-même. Mais j’avoue – honteusement – ne pas avoir eu beaucoup le temps de regarder les autres projets pendant ma campagne ; on a la tête dans le guidon, il ne faut jamais rien lâcher. Je prendrai le temps de regarder les autres projets et je tacherai de participer. Rien ne fait plus plaisir qu’une participation venant d’un(e) parfait(e) inconnu(e)… dans notre cas, ça a représenté 40% des contributions environ. C’est ce qu’il y a de plus encourageant…

Entre leurs mains

Une nouvelle belle histoire sur touscoprod, c’est celle de Céline et de son documentaire    « Entre Leurs Mains ». Mais c’est aussi celle de Muriel, Jacqueline, Sidonie, Cécile et toutes ces héroïnes de l’ombre qui accompagnent les femmes qui ont décidé de donner naissance à domicile.

27 190 euros collectés, 449 coprods, 272% de son objectif de départ

Retour sur le parcours de Céline Darmayan, jeune réalisatrice de 28 ans qui vient de mener une campagne de financement participatif exceptionnelle ! En 5 mois, elle a créé autour de son projet une véritable émulation, fédérant une communauté de plus de 1 000 personnes.  Elle nous raconte l’aventure de sa campagne de financement participatif sur touscoprod.

▪ La genèse de ce projet : comment a débuté cette aventure ?

L’idée de ce film m’est venue lors d’une discussion avec une amie française, de passage à Bruxelles. Elle me racontait son accouchement à domicile avec sa sage-femme, la manière dont elle l’avait rencontrée, son expérience. Mais ce qui m’a surtout surprise, c’est le récit du combat permanent que devait mener cette sage-femme pour rester fidèle à une éthique de la naissance respectée. Elle me parlait de pressions exercées sur elle, de procès en cours pour une de ses collègues, de refus des hôpitaux ou des maternités de les accueillir, de l’impossibilité de trouver une assurance professionnelle pour pratiquer les accouchements à domicile, du traitement dégradant subi par certaines femmes ayant accouché à la maternité… Je me suis alors dit que ça m’intéresserait d’approfondir ce sujet et de mettre en lumière le travail de ces sages-femmes, qui est très largement méconnu.

Dès lors, je me suis beaucoup renseignée, j’ai rencontré ces sages-femmes en trouvant leur contact sur Internet ou par des gens qui en avaient entendu parler.

Avec 4 d’entre elles, le courant est tout de suite passé et j’ai décidé de me lancer dans l’aventure.

▪ Aller à la rencontre de ces femmes (sages-femmes ou mères) qui par définition ne sont pas mises en avant n’a pas dû être facile ? Une anecdote ?

La plus grande difficulté a été de prendre contact avec les sages-femmes. Elles ne sont pas nombreuses et pas facilement indentifiables sur internet. Mais une fois que ça a été fait, le contact a été très facile et agréable. Les sages-femmes qui pratiquent l’Accouchement à Domicile et les parents qui font ce choix se sentent tellement seules face au regard de la société, qu’ils et elles accueillent avec beaucoup de bienveillance ceux qui veulent œuvrer pour une meilleure reconnaissance. Aujourd’hui, les sages-femmes nous disent que certains parents acceptent de se laisser film parce que c’est ce film-là, qu’ils ont vu la bande-annonce et qu’ils ont confiance en ce que nous allons faire de leur image.

▪  Comment as-tu découvert touscoprod ?

Quand nous nous sommes rendu compte qu’il allait être difficile de financer le film via les moyens de production traditionnels, certaines personnes nous ont parlé du financement participatif. Nous avons tout de suite pensé que cela pouvait être très intéressant pour nous.

▪   Qu’est-ce qui t’as décidé à te lancer dans cette aventure ?

Il y a plusieurs aspects très intéressants avec cette démarche. Tout d’abord, ça permet de mieux travailler la façon dont on va proposer aux personnes de prendre connaissance avec le projet, ce qui est toujours intéressant pousser plus loin sa propre réflexion. Mais ce qui est surtout extrêmement enrichissant c’est le fait de rentrer en contact avec une multitude de personnes qui ont un intérêt à ce que ce film se fasse. Tout à coup, on n’est plus seule à avoir envie que ce projet aboutisse. Toute une série de gens vous contacte pour vous dire que eux et elles aussi y croient, qu’elles et ils vous soutiennent. Ceci est pour moi la plus grande richesse du financement participatif. Créer du lien avant même que le film existe.

▪ Qu’est ce que touscoprod a changé dans le destin de ton documentaire ?

Cette démarche a permis au film de prendre une nouvelle dimension. Nous avons rencontré de nouveaux partenaires avec qui nous allons collaborer. Nous serons forts du poids de toutes ces personnes qui, en soutenant le film, on dit vouloir le voir exister sur les écrans.

 ▪ Sans le soutien de ces 431 coprods, le documentaire aurait-il pu se faire ?

Difficilement. Effectivement, le fait d’avoir ce soutien va probablement nous aider à décrocher de nouvelles subventions. Cela aurait été beaucoup plus difficile sans ça. Nous aurions du le faire dans notre coin, avec les moyens du bord, sans reconnaissance.

▪ Comment a réagi ta communauté ? Une anecdote ?

Nous avons vraiment beaucoup de personnes qui suivent activement l’évolution du film. Pas seulement en donnant des sous, mais en nous proposant toutes sortes de coups de main. Nous avons filmé une semaine au Pays Basque et à cette occasion, nous avons été accueilli par une de nos coprods. Certains nous ont même demandé de prolonger la période pour donner des sous, afin de permettre à d’autres de participer. L’engouement autour du projet est vraiment incroyable.

▪ Et maintenant ?

Maintenant, il va falloir se replonger entièrement dans la réalisation du film. Ce qui est déjà une aventure incroyable. Les sous sont une question importante à résoudre. Mais il ne faut pas que cela prenne le pas sur le reste.

▪ Peux-tu nous parler d’un autre projet sur touscoprod que tu aimes, qui t’interpelles ou que tu soutiens ?

Ainsi squatte-t-il, de Marie Maffre. Je suis très touchée par la thématique des squats et des problèmes de logements. Je trouve que les initiatives comme celles de Jeudi noir et leur intérêt devraient être plus connues du grand public. Malheureusement, voilà un autre film très difficile à produire du fait de son sujet. Donc je pense que ce genre de projet doit être largement soutenu par les particuliers pour qu’il puisse exister.

 

Une idée, un projet audiovisuel à financer ? déposez votre projet sur touscoprod et devenez une de nos belles histoires !

 

Seconde Conférence : Qu’apporte le Crowdfunding, au-delà de sa Dimension Financière ?

 

La thématique : « Qu’apporte le crowdfunding au-delà de la dimension financière ? Une communauté impliquée est-elle un atout précieux lors des différentes étapes de fabrication d’un film? »

Cette conférence a accueilli trois intervenants de deux plateformes de financement participatif différentes. Ils ont financé avec succès leur projet et ils nous en parlent !

La première, Michèle Fourniols, a présenté son documentaire « Speedy Graphito, La Vie d’Artiste » sur touscoprod. Son projet prévoyait de récolter 15 000 € sur 5 mois pour finalement en obtenir 17 162€. Le secret de sa réussite a été sa manière de dialoguer avec ses souscripteurs.

Ensuite, Ingrid Franchi vient de Ulule et a présenté une série, « OLTC« . Ce projet a demandé un financement de 5 000 €, et a finalement obtenu 110% du montant espéré grâce à un effet de bouche à oreille soulevé par sa communauté.

Enfin est intervenu un autre porteur de projet de chez Ulule, Roland Carrière, avec son documentaire « Esprit Rouge » qui a obtenu 8 510 € sur les 8 000 € demandés en plus d’un soutien moral de la part de ses souscripteurs.

Qu’est-ce que les souscripteurs ont apporté à ces trois projets en plus de leurs contributions financières ? Michèle a déposé un projet en développement, ce qui a permis à ses coprods de s’impliquer en lui donnant de nombreux conseils pour son documentaire. D’autant que le Crowdfunding ouvre la voie au Crowdsourcing : les deux porteuses de projets ont ainsi pu recevoir une aide spontanée, que ce soit pour de la figuration dans « Speedy Graphito » ou de bénévoles pour le tournage de «OLTC». Les souscripteurs ne donnent pas que de l’argent mais de leur temps, certains ne sont même pas intéressés par les contreparties auxquelles ils ont droit.

Le soutien moral, lui aussi, n’a pas de prix, comme en témoigne Roland qui en a été très touché. Le Financement Participatif est une véritable aventure humaine. Pour Michèle, c’est aussi une occasion de tester les réactions d’un premier public qui se sent impliqué.

Les souscripteurs sont enfin un relai de communication dont la portée n’est pas négligeable. Le bouche à oreille a apporté une nouvelle vague de souscripteurs conséquente sur le projet de Roland. Quant à Michèle, des coprods engagés ont fait connaître le projet à des journalistes.

Une communauté impliquée se mérite. Elle nécessite de l’attention et ne se gère pas à l’aveugle : bien communiquer avec elle, ça se prépare. Du côté d’Ingrid et de Roland, il a fallu demander un aide ponctuelle pour assurer une communication régulière avec leurs souscripteurs car cela représente beaucoup de travail en plus de la préparation de leurs tournages respectifs. Quant à Michèle, aucun élément n’a été laissé au hasard. Du développement à la sortie du film en passant par la phase de post-production, tout a été préparé à l’avance ! Chaque information diffusée a été pensée pour les coprods, le dialogue avec eux a été systématique.

Comment on implique une communauté tout au long du projet ? L’aspect relationnel est d’une importance capitale, témoigne Ingrid. C’est à la fois une manière de remercier les personnes qui contribuent à un projet et qui ne sont pas toujours intéressées aux contreparties et de leur donner à chaque étape du film les informations sur l’état du projet. Roland souligne la nécessité d’avoir des contacts réguliers avec sa communauté. Quant à Michèle, le Crowdfunding apporte une dimenssion affective. Des liens d’amitié ont même fini par se créer entre elle et certains coprods.

Pour conclure, en dehors de l’aspect communautaire, le crowdfunding demande d’aborder autrement le développement d’un projet, en adaptant le développement de celui-ci à une campagne de financement participative, la manière de travailler devient plus artisanale et de ce fait, plus humaine.