Entre leurs mains

Une nouvelle belle histoire sur touscoprod, c’est celle de Céline et de son documentaire    « Entre Leurs Mains ». Mais c’est aussi celle de Muriel, Jacqueline, Sidonie, Cécile et toutes ces héroïnes de l’ombre qui accompagnent les femmes qui ont décidé de donner naissance à domicile.

27 190 euros collectés, 449 coprods, 272% de son objectif de départ

Retour sur le parcours de Céline Darmayan, jeune réalisatrice de 28 ans qui vient de mener une campagne de financement participatif exceptionnelle ! En 5 mois, elle a créé autour de son projet une véritable émulation, fédérant une communauté de plus de 1 000 personnes.  Elle nous raconte l’aventure de sa campagne de financement participatif sur touscoprod.

▪ La genèse de ce projet : comment a débuté cette aventure ?

L’idée de ce film m’est venue lors d’une discussion avec une amie française, de passage à Bruxelles. Elle me racontait son accouchement à domicile avec sa sage-femme, la manière dont elle l’avait rencontrée, son expérience. Mais ce qui m’a surtout surprise, c’est le récit du combat permanent que devait mener cette sage-femme pour rester fidèle à une éthique de la naissance respectée. Elle me parlait de pressions exercées sur elle, de procès en cours pour une de ses collègues, de refus des hôpitaux ou des maternités de les accueillir, de l’impossibilité de trouver une assurance professionnelle pour pratiquer les accouchements à domicile, du traitement dégradant subi par certaines femmes ayant accouché à la maternité… Je me suis alors dit que ça m’intéresserait d’approfondir ce sujet et de mettre en lumière le travail de ces sages-femmes, qui est très largement méconnu.

Dès lors, je me suis beaucoup renseignée, j’ai rencontré ces sages-femmes en trouvant leur contact sur Internet ou par des gens qui en avaient entendu parler.

Avec 4 d’entre elles, le courant est tout de suite passé et j’ai décidé de me lancer dans l’aventure.

▪ Aller à la rencontre de ces femmes (sages-femmes ou mères) qui par définition ne sont pas mises en avant n’a pas dû être facile ? Une anecdote ?

La plus grande difficulté a été de prendre contact avec les sages-femmes. Elles ne sont pas nombreuses et pas facilement indentifiables sur internet. Mais une fois que ça a été fait, le contact a été très facile et agréable. Les sages-femmes qui pratiquent l’Accouchement à Domicile et les parents qui font ce choix se sentent tellement seules face au regard de la société, qu’ils et elles accueillent avec beaucoup de bienveillance ceux qui veulent œuvrer pour une meilleure reconnaissance. Aujourd’hui, les sages-femmes nous disent que certains parents acceptent de se laisser film parce que c’est ce film-là, qu’ils ont vu la bande-annonce et qu’ils ont confiance en ce que nous allons faire de leur image.

▪  Comment as-tu découvert touscoprod ?

Quand nous nous sommes rendu compte qu’il allait être difficile de financer le film via les moyens de production traditionnels, certaines personnes nous ont parlé du financement participatif. Nous avons tout de suite pensé que cela pouvait être très intéressant pour nous.

▪   Qu’est-ce qui t’as décidé à te lancer dans cette aventure ?

Il y a plusieurs aspects très intéressants avec cette démarche. Tout d’abord, ça permet de mieux travailler la façon dont on va proposer aux personnes de prendre connaissance avec le projet, ce qui est toujours intéressant pousser plus loin sa propre réflexion. Mais ce qui est surtout extrêmement enrichissant c’est le fait de rentrer en contact avec une multitude de personnes qui ont un intérêt à ce que ce film se fasse. Tout à coup, on n’est plus seule à avoir envie que ce projet aboutisse. Toute une série de gens vous contacte pour vous dire que eux et elles aussi y croient, qu’elles et ils vous soutiennent. Ceci est pour moi la plus grande richesse du financement participatif. Créer du lien avant même que le film existe.

▪ Qu’est ce que touscoprod a changé dans le destin de ton documentaire ?

Cette démarche a permis au film de prendre une nouvelle dimension. Nous avons rencontré de nouveaux partenaires avec qui nous allons collaborer. Nous serons forts du poids de toutes ces personnes qui, en soutenant le film, on dit vouloir le voir exister sur les écrans.

 ▪ Sans le soutien de ces 431 coprods, le documentaire aurait-il pu se faire ?

Difficilement. Effectivement, le fait d’avoir ce soutien va probablement nous aider à décrocher de nouvelles subventions. Cela aurait été beaucoup plus difficile sans ça. Nous aurions du le faire dans notre coin, avec les moyens du bord, sans reconnaissance.

▪ Comment a réagi ta communauté ? Une anecdote ?

Nous avons vraiment beaucoup de personnes qui suivent activement l’évolution du film. Pas seulement en donnant des sous, mais en nous proposant toutes sortes de coups de main. Nous avons filmé une semaine au Pays Basque et à cette occasion, nous avons été accueilli par une de nos coprods. Certains nous ont même demandé de prolonger la période pour donner des sous, afin de permettre à d’autres de participer. L’engouement autour du projet est vraiment incroyable.

▪ Et maintenant ?

Maintenant, il va falloir se replonger entièrement dans la réalisation du film. Ce qui est déjà une aventure incroyable. Les sous sont une question importante à résoudre. Mais il ne faut pas que cela prenne le pas sur le reste.

▪ Peux-tu nous parler d’un autre projet sur touscoprod que tu aimes, qui t’interpelles ou que tu soutiens ?

Ainsi squatte-t-il, de Marie Maffre. Je suis très touchée par la thématique des squats et des problèmes de logements. Je trouve que les initiatives comme celles de Jeudi noir et leur intérêt devraient être plus connues du grand public. Malheureusement, voilà un autre film très difficile à produire du fait de son sujet. Donc je pense que ce genre de projet doit être largement soutenu par les particuliers pour qu’il puisse exister.

 

Une idée, un projet audiovisuel à financer ? déposez votre projet sur touscoprod et devenez une de nos belles histoires !

 

5ème conférence : Le Financement Participatif de Films au Service d’une Cause

À l’occasion de la Social Good Week, pleins feux sur les projets solidaires. Cette conférence a accueilli cinq intervenants : des porteurs de projets touscoprod exclusivement, et des invités de marque venus témoigner de l’impact du crowfunding pour les bonnes causes.

 

Nous avons reçu Céline Darmayan, réalisatrice du documentaire « Entre Leurs Mains » qui défend le métier des sages-femmes pratiquant les accouchements à domicile. A l’heure actuelle, le projet est toujours en ligne et vient de passer le cap des 172%.

Marie Maffre, réalisatrice du documentaire « Ainsi squatte-t-il » qui dénonce les problèmes de logements, qui a récolté les 7.000 € espérés.

Jan Vasak, producteur de « Ainsi squatte-t-il » et de « Nucléaire. La voie du Génocide », est venue renforcer leurs propos sur l’impact du crowdfunding sur les projets solidaires.

Nous avons été ravis de donner la parole à Christophe Driesbach, du collectif « Jeudi Noir » qui a soutenu le projet « Ainsi Squatte-t-il », ainsi qu’à Vincent Brossel, de l’ONG « Terre Solidaire » qui défend le projet « Nucléaire. La voie du génocide ».

Nous avons également reçu des coprods engagés et motivés par les causes développées dans ces documentaires.

Dans le cadre de la Social Good Week, manifestation internationale consacrée au numérique solidaire, touscoprod s’est intéressé à la synergie qu’il existe entre des porteurs de projets, réalisateurs ou producteurs de films, des associations ou ONG et la communauté qui se crée autour d’un même projet, d’une même cause.

Chez touscoprod, nous savons aujourd’hui que les films documentaires engagés soulèvent en moyenne 16 000€* de participations de la part de leurs coprods, contre en moyenne 8 000€* tous formats confondus. Les coprods ne s’engagent pas uniquement financièrement dans les films ou documentaires auxquels ils contribuent. Ils ont également à cœur la défense des causes soutenues au travers de ces projets et vont par la suite devenir naturellement des relais d’information puissants, puisque légitimes et convaincus de leur engagement.

Jan Vasak évoque ainsi des notions de partage et d’échange avec les coprods eux aussi engagés dans la cause défendue par le film. Il aura vécu ses expériences aux côtés de touscoprod comme une véritable « aventure humaine ». Tout comme au sein d’un collectif ou d’une association, les souscripteurs expriment leur solidarité autour d’un projet, souligne Christophe Driesbach du collectif « Jeudi Noir ». Autre constat, soulevé par Marie Maffre, alors que certains projets ne rencontrent pas leur public par les canaux de production et/ou de diffusion traditionnels, ils bénéficient d’un fort soutien au travers de touscoprod. C’est le cas notamment de « Ainsi squatte-t-il », qui aura finalement atteint ses objectifs grâce au soutien de ses 107 coprods. Selon Vincent Brossel de « Terre Solidaire », on assiste aujourd’hui, et notamment au travers du crowdfunding, à un « réveil citoyen ».

Un des coprods ayant soutenu « Entre Leurs Mains » de Céline Darmayan considère que l’image a plus de pouvoir que les autres médias pour déclencher un débat autour d’une cause.

Parce que l’implication des souscripteurs pour un film engagé est tout aussi profonde que celui des réalisateurs pour leurs projets, le financement participatif offre de réelles opportunités pour la défense de causes ou projets solidaires.