Les Raymonds et l’autre destin

Nathalie Rossetti et Turi Finocchiaro ont décidé, il y a plusieurs années déjà, de filmer leur couple d’amis, Raymond et Raymond, face à la maladie. Se voyant refuser toutes les aides et soutiens possibles, ils se lancent dans le tournage avec leurs fonds propres, convaincus que l’histoire d’amour des Raymond mérite d’être filmée. Ils auront eu raison puisque leur campagne touscoprod, lancée pour financer la fin du montage et la post-production, rassemblera finalement une belle communauté autour du projet.

8180€ en 4 mois, 59 coprods, 102% de l’objectif de départ

Raymond et Raymond (Remo) vivent depuis douze ans une grande histoire d’amour, avant que la mort ne vienne l’interrompre brutalement, en emportant Remo. Séropositif depuis vingt-sept ans, donc un miraculé de la vie, militant au sein d’Aide Info Sida, accompagnant des malades en fin de vie, Remo fait la connaissance de Raymond alors que peu ou rien ne les destine à vivre une histoire d’amour : Raymond est hétérosexuel et ils n’appartiennent pas au même milieu social ni intellectuel pourtant ils se rencontrent et s’aiment à la folie. Quand le cancer s’empare du cerveau de Remo, une double bataille commence pour le couple : d’abord, celle de la lutte contre la maladie – Remo se battra de toutes ses forces, sera opéré sans succès, décidera de ne pas accepter l’acharnement médical – puis, celle qui consiste à faire de ce combat, devenu commun, le centre de leur histoire d’amour.

 

Comment a débuté votre projet Les Raymonds et l’autre destin ?

Nous avions décidé de raconter l’histoire de ce couple d’amis homosexuel car leur amour était très beau et sortait de l’ordinaire. L’un des deux était séropositif et il était soutenu par son compagnon qui lui transmettait force et courage au point que lui-même aidait ensuite des « sans papiers » dans l’alphabétisation. Puis un mauvais cancer est survenu et avec l’accord de nos amis nous avons décidé de commencer le tournage du film pour montrer l’importance de communiquer dans ces moments difficiles de la vie mais surtout pour témoigner de leur amour pour la vie. « Quand on a la chance d’être à deux, la lutte elle-même est la source du bonheur. »

Avez-vous rencontré des difficultés particulières au début ?

Les difficultés sont arrivées à cause de l’urgence de tourner face à la maladie qui a progressé très vite. Nous n’avions pas le temps d’attendre les financements et les résultats négatifs des demandes d’aides (Ministère belge/FWB, Atelier de production de Bruxelles/CBA) ont été un coup dur pour le projet. On a du tourner avec nos moyens personnels.

Comment avez-vous découvert touscoprod ?

Grâce à deux amis, Céline Darmayan et Origan Cannella (Entre leurs mains), ils nous ont conseillé cette nouvelle forme de production.

Qu’est-ce qui vous a décidé à présenter votre projet ?

L’incompréhension face aux résultats négatifs que notre projet de film a eu devant les institutions nous a poussé à tenter touscoprod pour voir si le public réagissait autrement.

Comment s’est déroulée la campagne, qu’a-t-elle changé à votre film ?

Nous ne sommes pas des « internautes » et l’aspect « demander de l’argent » n’a pas été évident pour nous. Mais pour le film, réussir à atteindre notre objectif de 8000 Euro et surtout voir que des Associations, des inconnus pouvaient être si sensibles à notre sujet nous a encouragé et aidé dans notre travail.

Comment a réagi votre communauté ? Une anecdote ?

Ils étaient contents, un peu comme des supporteurs.

Où en est votre film aujourd’hui et quels sont vos futurs projets ?

Nous sommes en phase de montage du film. Nous avons rencontré le compositeur des musiques qui commence à travailler à partir de l’ours du film. Notre coproducteur français (de Lille) attend des résultats de dossier qu’il a déposé au CRRAV et le réalisateur de l’animation qui sera présente dans le film travaille conjointement avec nous.

Pouvez-vous nous parler d’un autre projet sur touscoprod que vous aimez, qui vous interpelle ou que vous soutenez ?

« Entre leurs mains » de Céline Darmayan et Origan Cannella. Avec leur précédant docu – 9TER -  ils ont gagné en 2011 le ‘Grand prix’ de notre FaitoDOCfestival (www.faitodocfestival.it) et nous sommes extrêmement confiants concernant ce très beau travail autour des sages femmes.