Un nouvel envol

Alors que tout le monde s’inquiétait d’une éventuelle fin du monde que les Mayas auraient annoncé pour le 21 décembre 2012, Julie Morales a saisi l’occasion pour s’intéresser à la spiritualité Maya, finalement peu présente des débats. De retour en France, les valises pleines d’image, elle a fait appel aux coprods pour financer la post-prod de son documentaire.

4395€ euros collectés, 72 coprods, 110% de son objectif de départ.

Qui sont ces Mayas dont on parle tant ? Quelles sont leurs pratiques spirituelles aujourd’hui ? Mais surtout, quels sont les messages qu’ils ont à nous faire passer ?

Entre spiritualité et cosmovision, les Mayas ont tant de savoirs à partager avec l’humanité : ce ne serait pas la fin du monde, mais peut-être la fin d’un monde tel qu’on le connaît…

Comment a débuté votre projet Un Nouvel envol ?

L’idée de ce film m’est venue début 2011 à force d’entendre les gens se questionner sur le calendrier Maya et le fameux 21 décembre 2012. Ne trouvant pas de réponses satisfaisantes à ce sujet, je décidais d’aller moi-même les chercher auprès des personnes les plus averties : les guides spirituels mayas. J’ai donc écrit mon projet la première moitié de l’année et j’ai ensuite cherché des producteurs. Sans succès, fin 2011 j’ai décidé de partir coûte que coûte. Comment financer ce film ? Je n’avais pas encore entendu parler de touscoprod mais sur le même mode, j’organisais alors une soirée avec mon réseau d’amis musiciens en projetant également mon premier documentaire « Terres sous les eaux ». Les entrées perçues lors de cette soirée m’ont permis d’acheter mon billet d’avion. J’ai ensuite crée un blog pour diffuser mon projet de film-documentaire sur la spiritualité et la cosmovision Maya et j’ai envoyé le lien à différents réseaux : l’université Inter-âge par exemple m’a contacté pour faire une conférence et présenter mon premier film. En échange de leurs noms dans le générique, une quarantaine de personnes a participé au film.  Cet argent a contribué à payer une partie de mon séjour sur place avec mes économies personnelles. Puis, un producteur parisien m’a contacté juste avant mon départ et m’a fourni une caméra HDV ainsi qu’un micro-HF. Et voilà, l’aventure commençait.

Avez-vous rencontré des difficultés particulières au début ?

Les plus grandes difficultés ont été financières. J’ai envoyé mon dossier de production à différents producteurs, sans succès. J’ai postulé à des aides à l’écriture du Conseil régional d’Aquitaine, du CNC, de la SCAM mais mon projet n’a pas été retenu. D’échecs en échecs, il fallait garder confiance car ça peut très vite nous démotiver. Finalement, j’ai puisé dans mes ressources et me suis dit « je partirai le faire quoi qu’il en soit». J’ai donc dû sous-louer mon appartement le temps de mon voyage (4 mois), j’ai quitté mon travail… Le retour sans un sou n’a pas été évident non plus. D’autant plus que notre entente avec le jeune producteur, qui m’avait prêté du matériel pour tourner, n’a pas tenu… De nouveau en France avec 60 heures d’images, seule, il fallait que je trouve un autre moyen de financer la post-production pour faire un film à la hauteur de mes attentes.

Comment avez-vous découvert touscoprod ?

J’ai donc cherché toutes les aides à la post-production possibles et inimaginables, j’ai envoyé des listes de mails… sans grands retours ! Puis, dans l’une des brochures que l’on m’avait donnée, apparaissait touscoprod,  j’ai donc téléphoné et ils m’ont proposé de suite un rendez-vous. J’ai été reçue par une charmante jeune femme qui m’a présenté de manière très professionnelle cette plateforme de co-production.

Qu’est-ce qui vous a décidé à présenter votre projet ?

Autant dire que cette manière de production était totalement en adéquation avec la genèse de mon film. En effet, depuis ses débuts, il était déjà co-produit. L’argent que j’avais obtenu provenait déjà de personnes qui « misaient » sur moi et qui me faisaient confiance. De plus, je n’avais plus de temps à perdre, on était en août et je voulais que mon film soit terminé en novembre 2012, de sorte à pouvoir le diffuser avant décembre 2012. Cette alternative me permettait de faire une campagne en trois mois pour collecter 4000 euros et payer un monteur, des musiciens pour la bande originale, un ingénieur du son, l’achat d’un ordinateur pour le montage etc… Non seulement, je ne devais pas passer par les rouages de bureaucratie mais en plus j’étais le capitaine à bord de ce bateau de croisière.

Comment s’est déroulée la campagne, qu’a-t-elle changé à votre film ?

Cette campagne m’a demandé beaucoup d’énergie, il faut le dire tout de même ! Car on est moteur de toute cette diffusion et ce n’est pas rien. Elle m’a permis de faire connaître mon documentaire auprès de proches mais aussi auprès d’un large public. J’ai donné vie au film avant même qu’il ne soit terminé, c’était franchement génial, ça motive. En fait, cela m’a permis de récolter de l’argent sur le mode du défi mais aussi de faire tout une campagne de communication autour du film, et de donner de la légitimité au projet.

Comment a réagi votre communauté ? Une anecdote ?

J’ai eu un petit cercle d’amis qui n’a pas cessé de relayer l’information, sur Facebook, par mail. On me demandait souvent où j’en étais mais ce que j’adorais c’était quand ils me disaient « j’ai regardé aujourd’hui, t’es passé à 65% !!! » alors que moi-même je ne le savais pas… Ils suivaient ça comme une course de chevaux ! J’ai eu de belles surprises, des personnes qui ont participé alors que je n’avais pas eu de nouvelles d’elles depuis des dizaines d’années…

Où en est votre film aujourd’hui et quels sont vos futurs projets ?

Mon film a été diffusé une fois à l’Utopia de Bordeaux (salle comble, 180 personnes) et une fois à la médiathèque de Melun. Il a été acheté par le Réseau National des Musées et est en vente à la librairie du musée du Quai Branly. C’est très valorisant même si économiquement ce ne sont que de très petits budgets. Il a également été sélectionné par l’ADAV pour le proposer à l’achat dans le catalogue des médiathèques et des bibliothèques de France. Je l’ai envoyé dans plusieurs festivals comme le festival du cinéma d’Amérique Latine de Biarritz ou le festival de cinéma Jean Rouch.. J’attends les réponses. Malheureusement, c’est très difficile de porter seule un projet comme cela, car la diffusion, c’est encore un autre travail. Comme je ne peux consacrer tout mon temps à cela, je dois reconnaître qu’il n’a pas été diffusé à la hauteur de mes attentes. Travailler en équipe est indispensable, c’est ce que je souhaite pour mon prochain film. J’ai d’autres projets, l’un qui m’emmènerait au Brésil avec une amie touchée par la leucémie. Ce serait un documentaire sur « l’espoir » ou « la résilience » (rien à voir avec un documentaire sur la maladie) mais difficile à expliquer en quelques mots. L’autre porterait sur le symbolisme de la naissance et m’amènera au Canada, au Brésil et au Guatemala dans les communautés indigènes.

Pouvez-vous nous parler d’un autre projet sur touscoprod que vous aimez, qui vous interpelle ou que vous soutenez ?

Je continue de suivre le projet Entre leurs mains qui m’interpelle par sa thématique. J’ai aussi adoré le projet Dip N’Dance. Je pense qu’il y a beaucoup de talents sur ce site, et que ce pourrait être une belle trousse à projets pour les producteurs… en co-production avec la « société civile » bien-sûr !